Jung, Kingsley, Faulkner

rb nautis

Le Libre Rouge, Nautis, dessin de C.G.Jung

Carl Gustav Jung (1875 – 1961) est mentionné en premier dans le titre de cet article, par respect. Faulkner (1897 – 1962, un peu plus jeune), en dernier ; mais il serait « le premier grand romancier de l’inconscient ». Peter Kingsley, entre les deux : il vient de publier un nouveau livre (en deux volumes) intitulé : Catafalque : Carl Jung and the End of Humanity (Catafalque : Carl Jung et la Fin de l’Humanité). Les titres des livres de Kingsley sont en général de belles provocations, comme l’est aussi le ton qu’il adopte souvent dans ses écrits. Les universitaires peuvent être mesquins et compétitifs dans leurs critiques, mais qu’est-ce que Kingsley leur facilite la tâche ! D’un point de vue artistique, le mien, en marge des obligations académiques, mais allant souvent piller les travaux des universitaires, les provocations de Kingsley sont des appels d’air frais. Après tout, provoquer, c’est, étymologiquement pro voce : faire ressortir des voix, susciter l’inspiration, la pensée. Le respect dû à Jung est une autre affaire, que je dépose comme une gerbe de fleurs sur le pont-levis de sa tour médiévale à Bollingen, au bord du lac de Zurich. (Le pont-levis est une figure de l’esprit, bien sûr.) Lire la suite

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Kraka et le Cancer

“Fantasmes Artistiques et Contrats Moraux”
Article #1

Cet article inaugure un cycle autour de projets de création dans le cadre de Panthéâtre, et issus du Laboratoire de Théâtre Chorégraphique que je dirige à Paris. Certains sont déjà en montage, d’autres en gestation ou work in progress, et d’autres sont encore, et peut-être le resteront un bon moment, à l’état de rêveries actives. L’esprit du travail reste la performance et donc le passage à l’acte avec, éventuellement, une réalisation artistique. Les projets sont nés, presque tous, d’un travail d’expérimentation et d’apprentissage en laboratoire, et d’études culturelles ; ce sont des mises en œuvre « alchimiques » dont la configuration, ainsi que l’ambition, dépend de chaque artiste ou équipe.

J’utilise, depuis quelques années, une expression empruntée à la psychiatrique pour décrire la procédure créative proposée : Folie à Deux. C’est une modalité de dialogue entre un artiste et moi-même comme directeur artistique, et donc comme partie prenante de la « folie » créatrice. La plupart du temps il s’agit d’un solo, parfois d’une petite équipe. En général ce sont des personnes qui ont travaillé la voix avec Linda Wise et suivi des cours de performance vocale avec elle et/ou avec moi, mais surtout, qui ont participé au laboratoire que je dirige à Paris.

Dans les articles de cette série je souhaite commenter en particulier la déontologie du « contrat moral », dont les références sont surtout psychanalytiques, et notamment les processus de transfert et de contretransfert, et plus généralement de ce qu’on nomme les rapports de suggestion ou, et je préfère : d’inspiration (où la suggestion joue aussi un rôle important). Je dis souvent que j’ai fait une grande partie de mon éducation artistique à travers des dialogues avec des psychanalystes, notamment avec et dans l’entourage de l’écrivain et psychanalyste James Hillman – décédé en 2011, ami et président honoraire de Panthéâtre.

AKA

Ce premier article est issu d’échanges avec une chanteuse et enseignante de formation classique, originaire du Danemark, résidant en France et qui travaille la voix, musicalement et en performance, depuis plusieurs années avec Linda Wise et moi-même. Pour des raisons de confidentialité et avec son accord, nous avons opté pour les initiales/acronyme AKA, ce qui en fait veut dire alias : also known as.

AKA a trois enfants, âgés entre 20 et 14 ans. Il y a un peu moins de deux mois, elle nous a écrit pour nous informer qu’elle avait un cancer du sein et que les médecins voulaient prendre des décisions assez rapidement concernant son traitement. Elle nous a demandé à Linda et à moi de la conseiller et de l’aider à réfléchir et à décider de la marche à suivre. Elle a tenu à ajouter sur ce point : « Sachant qu’elle allait trouver une grande inspiration et soutien pour affronter la maladie dans sa pratique artistique, et notamment dans le travail en cours avec Linda et Enrique ».

Après une courte période et, à mes yeux, avec une attitude de consultations judicieuse, elle a subi une ablation d’un sein et a entamé un traitement de chimiothérapie plutôt fort. Au cours de cette période, nous avons eu des échanges de lettres et des dialogues sur des questions médicales, sur des rêves, ainsi que sur des thématiques philosophiques. AKA nous a également dit que sa maladie lui donnait la possibilité de ne pas travailler pendant quelques mois et de se donner du temps à elle-même : soins, repos, études, réflexion et la possibilité de transformer son vécu en concert-performance – ce qu’elle envisageait de faire avant d’avoir eu à confronter ce cancer du sein. Le « K » de son alias fait référence à la reine mythique scandinave Kraka. Voici ce qu’elle écrit à ce sujet :

« Récemment…, à ma surprise, je parlais longuement du corps mutilé et du choix possible de l’afficher sur scène – ou pas. Enrique me posait alors une bonne question : « Pourquoi est-ce-que tu en parles ? Veux-tu te montrer nue sur scène ? » … Kraka est alors revenue à mon esprit … La saga islandaise et le Saxo nous apprennent que Kraka est la fille du héros Sigurd Fafnersbane (= Sigmund) et Brynhild (=Brunhilde), qui a grandi incognito chez une pauvre fermière. Le héros Regnar Lodbrog, impressionné par sa beauté, souhaite tester son intelligence et lui demande de se présenter devant lui n’étant ni nue, ni habillée, à jeun et pourtant sans faim, en compagnie de personne et pourtant accompagnée. Kraka vient alors vêtue d’un filet de pêche, croquant un oignon et accompagnée de son chien. Regnar, convaincu, l’épouse alors.

Je pense avoir trouvé ma réponse concernant la façon de me présenter lors de mon concert-performance : Je ne ressens pas de besoin d’exposer mon corps sur scène, ni pour moi, ni « pour les autres ». Donc pas d’acte militant ni « d’auto-thérapie ». Mais je ne souhaite pas non plus habiller / cacher la question du corps et du regard sur lui. La relation au corps mutilé fait partie du matériel. »

Cet article est adapté d’une lettre adressée à AKA dans la perspective de ce concert-performance. J’en prendrais la direction artistique, avec Linda Wise en tant que conseillère et coach en interprétation chantée.

AKA. Le samedi 3 décembre 2018, nous avons eu une session très spéciale du Laboratoire.

Depuis quelque temps nous travaillons sur la notion d’écoute oblique : dans un premier temps il s’agit d’écouter et de réagir à la musique de manière oblique. La musique joue et chante, mais les interprètes sur scène réagissent et se comportent de manière oblique, c’est-à-dire, de façons qui ne sont pas en ligne avec les propositions, les rythmes, les ambiances et le discours de la musique. Ils écoutent attentivement mais n’obéissent pas aux injonctions de la musique. Ils actent différentes formes de contrepoint, allant parfois jusqu’à la contradiction ou même à des formes d’agir « contrariantes ». En français, contrarier implique un surplus d’affect, un surplus psychologique dans le contrepoint, ce qui peut le rapprocher d’actes d’iconoclasme : il peut y avoir de la violence affective, du rejet, ou même des formes d’opposition, voire de destruction esthétique, idéologique, voire théologique.

Deux autres notions peuvent éclairer cette approche du contrepoint. Il y a d’abord ce que la psychanalyse appelle l’attention flottante, une attitude d’écoute qui permet de mieux saisir les fantasmes de contre-transfert, et qui permet, dans notre contexte théâtral, le passage à l’acte, notamment en termes de folie à deux. Par exemple, faire un retour en contrepoint : une inversion, une distraction, une commentaire à côté, voire une provocation. C’est à la fois un mécanisme d’écriture et d’interprétation performative.

L’autre notion est un détournement de ce que Nicolas de Cuse appelait la Docta Ignorantia – la docte ignorance. Il s’agirait de façons de contrer en ignorant sciemment quelqu’un ou quelque chose. Une aporie créative : faire, par exemple, la sourde oreille à l’appel de la musique et répondre ainsi par un geste de non-recevoir. Ces initiatives d’altérité, en principe déroutantes, peuvent nous conduire à des rencontres sur les chemins d’Hermès, à des comportements à teneure hermétique, surtout lorsqu’il y a tort (avoir tort ou faire du tort), lorsque les choses deviennent « tordues ». Avoir tort, c’est « tordre » ou même enfreindre la loi. Ce sont des cheminements hautement créatifs mais aussi à haut risque, où il faut une grande maturité en termes de « contrat moral », pour se permettre les non-dits et les interdits.

La notion d’oblique traduit l’adjectif grec braxilogos. Le dieu Apollon, surtout dans son oracle de Delphes, était considéré comme braxilogos: il ne répondait jamais directement aux questions: «L’oracle ne cache ni ne révèle: il indique». Et, bien sûr, en faisant cela, il tendait un piège, parfois mortel, à ceux qui venaient le consulter sans une sérieuse préparation « oraculaire », avec des opinions toutes faites, ou de façon trop innocente, et donc qui pouvaient prendre l’oracle au pied de la lettre, sans écoute oblique – comme le fit Œdipe.

Pour écouter la musique de façon oblique, il faut ouvrir des oreilles braxilogos : des formes d’écoute qui sont obliques, gardées, méfiantes, circonspectes (qui in-spectent et re-spectent), qui ont une attitude sceptique, au sens négatif (méfiance), mais surtout au sens d’un scepticisme positif : curieux, et qui, à priori, dit : « pourquoi pas ? »

Pour ce laboratoire, spécifiquement, j’ai décidé d’apporter des textes à lire : un participant lisait un texte aux artistes-performeurs sur scène, qui avaient pour consigne d’agir et de se comporter généralement de manière braxilogos. Encore une fois : de ne pas s’aligner en emphase, voire en empathie apparente avec les textes. Cette fois les textes n’étaient pas préparés ou connus, ou appris par cœur, comme c’est le cas d’habitude. J’avais en fait choisi cette procédure à la dernière minute, et j’avais juste eu le temps de faire une sélection et de les imprimer. (Voir la sélection dessous).

Les textes concernaient le cancer : je voulais expérimenter et voir quels comportements performatifs pourraient émerger à l’écoute de ces textes sur le cancer ; et, bien sûr, nous avions tous AKA en tête. En fait, j’ai clairement expliqué mon but aux participants. Que pourrions-nous faire ou ne pas faire avec de tels textes ? J’ai donc proposé ce laboratoire en l’absence d’AKA et aussi pour expérimenter et me préparer aux dialogues avec AKA en vue d’établir un contrat moral avec elle, à savoir : comment nous accorder sur le contenu, le but, la forme et le ton d’une telle performance ?

Je suis allé directement à un livre de Susan Sontag sur le cancer, intitulé Illness as Metaphor, (La Maladie comme Métaphore), que j’avais sous la main. Voici une présentation du livre trouvée sur internet : « un ouvrage de théorie critique, écrit en 1978… dans lequel elle remet en cause la culpabilisation des victimes par le langage utilisé pour décrire les maladies et ceux qui en souffrent. Elle croyait que le fait d’envelopper une maladie dans des métaphores décourageait les patients, les obligeait à se taire et les couvrait de honte. » Source.

Le livre de Sontag a créé une très forte polémique et lui a valu aussi de féroces critiques. Au moment où elle l’écrivit, Susan Sontag avait un cancer ; elle est décédée environs trente ans plus tard, en 2004, d’un cancer. J’ajouterais ici, pour relativiser ma propre position, que pratiquement chaque personne avec qui j’ai parlé du cancer a sa propre théorie ainsi qu’un cas de guérison plus ou moins miraculeux, raisons pour laquelles je m’avance avec prudence sur le terrain des causes, des traitements et des métaphores du cancer.

Bien évidemment, la session de laboratoire était chargée d’émotion, à la fois d’une certaine appréhension (c’était mon cas), mais aussi étonnamment libre et j’ajouterais : débridée. En ce sens pleinement adulte. Et drôle, ce qui fut une surprise pour moi : j’y ai entendu peut-être les rires les plus libres et justes que je n’aie jamais entendus : ils n’ont jamais « déraillé » dans leur considération, même en côtoyant la danse macabre par moments. J’ai eu les larmes aux yeux à plusieurs reprises, de rire, et d’admiration pour l’audace du passage à l’acte des performeurs. Nous avons touché au cœur de ce que j’aime bien décrire comme la « sophistication sentimentale ».

L’ensemble du laboratoire a été filmé par Didier Monge et est à la disposition de AKA si elle souhaite le visionner. La première partie est un prélude où nous avons travaillé uniquement avec la musique. Ensuite, j’ai introduit les textes. La question s’est posée pour moi : que serait-il advenu si AK avait été présente avec nous ? En tout cas, je tenais absolument à l’en informer et à lui décrire ce que nous avions fait, ou plutôt, ce qui s’était passé. En un sens – et il faut prendre ceci sur un mode très adulte – mes partenaires de laboratoire et moi avons en fait agi derrière son dos, ce que je comprends de deux façons : nous avons trahi AKA, en un sens, mais en même temps nous avons réalisé une forme d’exorcisme initiatique et magique, et ce, pour toutes les personnes impliquées, y compris moi, bien sûr – et, peut-être, AKA aussi, ou du moins je l’espère. Nous devons à présent travailler les implications de cette session, saisir sa part d’ombre, ses rires et ses interdits.

PS. Voir aussi la présentation des conférences de l’été 2016 :

Nous prévoyons de revoir et de commenter le film de Anna Halprin dans le cadre d’une table ronde. Date à confirmer ; probable le 5 mars 2019, à Paris.

Enrique Pardo, Madrid / Malérargues, décembre 2018

SÉLECTION de TEXTES

Laboratoire, Paris, le dimanche 3 décembre 2018

Remarque: ce sont des exemples de ou sur Susan Sontag et ils ne reflètent pas nécessairement mes propres idées sur ces questions. EP

Au moment où Sontag écrivait, les années 1970, le traitement alternatif à la mode pour le cancer était la psychothérapie… Il fallait faire face à la – oui – « personnalité cancéreuse » du patient. Les patients développent un cancer en ayant une personnalité résignée, réprimée, inhibée. Il fallait accepter l’accusation et lutter contre l’introversion ou disons le manque d’affirmation personnelle pour vaincre le cancer ; il fallait aussi choisir consciemment d’abandonner les bénéfices émotionnels pour lesquels le cancer avait été créé… et pouvoir en guérir. D’autres ont poussé plus loin encore cette idée, ils ont montré qu’il n’existe pas un véritable « cancer » derrière les métaphores, mais que nous n’avons que la métaphore – même en science – pour comprendre le comportement d’une maladie.

A partir de métaphores suscitées par le cancer, Susan Sontag analyse les sources médicales et psychiatriques de textes littéraires de l’Antiquité aux temps modernes, de Keats, Dickens, Baudelaire, Thomas Mann, James Joyce, Catherine Mansfield, William Auden. Elle démystifie les fantasmes idéologiques qui démonisent certaines maladies et, par extension, culpabilisent les malades. Dans un second essai, Susan Sontag souligne à quel point le sida a réactivé le spectre de l’épidémie. Certains en font la  » peste  » de notre temps, le châtiment infligé par Dieu aux groupes « déviants ».

Ce sont ces rapprochements entre des éléments a priori sans rapport qui sont peut-être l’indice le plus manifeste de l’intelligence.  (Note de EP :  cette phrase pourrait être justement une définition de la notion – et de l’intelligence – de l’oblique).

Les sentiments à l’égard du mal sont projetés sur une maladie. Celle-ci (considérablement plus riche de sens) est à son tour projetée sur le monde. »  Par ailleurs, elle (Susan Sontag) balaie bien légèrement les facteurs environnementaux lorsqu’elle évoque les différentes causes du cancer.

Elle partage avec bien des intellectuels de gauche le fait de voir partout de l’oppression, voire du fascisme : « Parler de cancer pour rendre compte d’un phénomène, c’est inciter à la violence. »  ou encore : « Les métaphores liées au cancer portent en elles, et implicitement, l’idée de génocide ».

Comment s’éloigner du point de vue strictement médical, et s’ouvrir à celui des mentalités. La dichotomie entre corps et visage, ou encore la métaphore de la peste (« elle permet à une maladie d’être considérée à la fois comme le châtiment auquel s’exposent les “autres”, et le mal qui risque de frapper chacun de “nous” », sont des notions particulièrement fécondes, qui portent le lecteur vers d’autres horizons que celui du sida, ou même de la maladie en général.

Luxury Travelling – Inside the Wild Heart

A review of Inside the Wild Heart, an immersive performance
directed by Linda Wise in New York and based on the life and
work of Clarice Lispector (1920, Ukraine - 1977, Rio de
Janeiro), Brasil’s most renowned woman-writer.
It opened on October 19 and runs until November 18, 2018.
BOOKING & INFORMATION NOT TO BE MISSED

The project was conceived and produced by Andressa Furletti and Debora Ballardini – directors of Group.BR, a Brazilian theatre company based in New York. Both are militant admirers of Clarice Lispector, and chose an array of texts from her collected works. They also envisioned the performance project as “immersive”, and chose the location. And, very important, both wanted to act in the piece, among a cast of twelve or so performers. This is obviously a complex equation and, I must say from the outset, having seen it three times, a great artistic and team achievement, a total success if only on those counts, and I hope lots of people get to see it since it is likely to be a unique experience. Lire la suite

The Theatre of Sexuality

Madrid, Beauty, Darwin, Trump and #MeToo

Mentions : Sean Lewis, Richard Maxwell, Pirandello,
Linda Wise, Bibiana Monje and Brazil.

The Theatre of Sexuality is a title I have often used in the last years, covering a topic I consider fundamental: how theatre can comment on what we humans have done with sexuality and with the mechanisms of reproduction. I am currently studying Richard O. Prum’s book, The Evolution of Beauty: How Darwin’s Forgotten Theory of Mate Choice Shapes the Animal World – and Us. It relativizes, at long last, the neo-darwinian iron-hold on so-called natural selection, Darwin’s first theory of evolution. I hope soon to write a review of the book from the point of view of The Theatre of Sexuality (and LUCK). Lire la suite

Zwaan, Zombies and Post-Colonialism

Improvised Identity

Conceived, written and performed by Zwaan de Vries
August 7, 2018
Malerargues, Roy Hart Centre, Southern France

Performing artist Zwaan de Vries presented a solo piece that happened to have a parallel thematic to the recently premiered Travers by Yane Mareine. See recent review: Qui est la plus belle?  Both address colonialism. Zwaan’s is an autobiographical piece on the impact of colonialism on her, on her family and on her families’ countries. Her father was Dutch, as her name indicates (and yes, Zwaan means swan – she is sometimes called Zwaantje, “little swan”). Her mother was Indonesian. As we have come to seriously realize, European countries have very dark chapters in the history of their colonial empires. I discovered recently how dark Belgium’s past had been, but I could have possibly bypassed the Dutch involvement in Indonesia, especially during and after World War II when it was invaded by Japan, creating an often-fatal triangle: Japan, Holland, and the Indonesian independence movement. Zwaan grew up in Rotterdam in the wake of this triangle. Lire la suite

Qui es la plus belle?

Travers

Spectacle crée le 27 juillet 2018 à Malérargues, Centre Roy Hart, Gard.
Création, Interprétation : Yane Mareine
Mise en scène : Daniela García
Dramaturgie : Yane Mareine et Daniela García
Arrangements musicaux et piano : Saso Vollmaier
Percussions : Christiane Cobral
Cet article est une critique contextualisée : elle fait référence
à Yane Mareine que j’ai rencontré dans un contexte polémique:
la formation de professeurs Roy Hart. Et à Daniela García, connue
auparavant sous le nom de Daniela Molina, proche collaboratrice
que j’ai eu le plaisir de diriger dans trois spectacles écrits par elle:
L'Autri-chienne, Animitas, et La Boîte Noire. Site Web

Qui est la plus belle ? La plus belle appartient à Yane Mareine : sienne est, sans conteste pour moi, la plus belle voix que j’aie entendue à la Magnanerie, la salle de spectacles du Centre Roy Hart dans le Sud de la France. Et le lieu en impose : c’est en quelque sorte l’un des grands temples internationaux de la voix. J’y ai entendu des centaines de voix, et, qui plus est, ma compagne et collaboratrice, Linda Wise, a fait sa spécialité de l’Art de l’Interprétation : les concerts avec ses collaborateurs et élèves sont du plus haut niveau de performance vocale, « chantée ». Il va falloir, bien sûr, « s’entendre » (comme l’on dit si bien en français), sur ce que j’entends par « belle voix », et pourquoi celle de Yane Mareine, dans ce spectacle du 27 juillet 2018, était la plus belle. Cet article est un essai critique sur cette voix et sur sa mise en scène . Note : c’est la marâtre de Blanche Neige qui pose la question à son miroir magique : « … dis-moi : qui est la plus belle ? »

La Beauté a un statut ambivalent dans l’héritage de Roy Hart (décédé en 1975, il faut le rappeler). Lire la suite

Nekyia, on the road to Preston.

Footnotes and links will be added soon
Traduction Française
Traducción al Español

This article shares a series of reflections on my stand and outlook today in relationship to performance and theatre. It is offered as preparatory notes, to Amy Rome, professor at University of Central Lancashire (UCLan) and organizer of the coming Symposium titled Transdisciplinary Explorations into Performativity, as well as to Jane Turner, Principal Lecturer of Contemporary Arts at Manchester Metropolitan University, and guest lecturer at the Symposium. The Symposium follows my being awarded an Honorary Fellowship by the University of Central Lancashire.

UCLan SYMPOSIUM
July 17 to 20, 2018
The Media Factory
University of Central Lancashire. Preston UK
PRESENTATION & REGISTRATION
Pantheatre’s Myth and Theatre Festival
June 19 to July 1st, 2018
Roy Hart Centre, Southern France
PRESENTATION & REGISTRATION

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Festival: « Money is Soul »?

Traduction française bientôt

This article addresses the finances of the Myth and Theatre. The theme for 2018 is Nekyia, the descent to the pagan hell, the kingdom of the dead, whose lord is Hades, known to the Romans by his other Greek name: Πλούτων, Pluto, which makes him a millionaire. Πλούτων, Plouton, means wealth. Let us keep that as our underworldly backdrop.
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Nekyia Festival 2018

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Editorial

Editorial for the 2018  Myth and Theatre Festival
Since 1987  25th EDITION - SEE PRINCIPLES & THEMES

From June 19 to July 1st, 2018
at Malerargues, Roy Hart Centre, Southern France
Classes - Laboratories - Performances - Lectures
INFORMATION REGISTRATION

Nekyia is the Greek word for descent, and specifically for the descent into hell, into the pagan hell, the Kingdom of Hades, the abode of the dead. James Hillman, in The Dream and the Underworld, says the Nekyia takes place along a two-way road whose traffic is all the more intense since, according to him, dreams are assembled in hell and take the same royal road as the dead do. Each dream brings together a cast of ghosts, ancestral ones or ghostly replicas of the living, often of the dreamer himself. Permission is granted them to visit us, the so-called living, usually at night, when the gates of hell open. Lire la suite

Le Grimoire de Hamlet

Hamlet’s Grimoire  (Book of Magic Spells)
English translation in the making

A l’occasion de Hamlet Unlimited, de Yves-Noël Genod,
créé le 13 mars 2018 au Théâtre de Vanves
dans le cadre du Festival Artdanthé.
Article incluant des rèflexions sur le Hamlet de
Romeo Castellucci, et Hamlet House, de Sean Lewis
Article publié aussi sur le site Ars Magica - Magie et Sciences Humaines
« On apprend ainsi que grammaire, glamour, grimoire
 et graffiti sont des greffons de greffe. » Source

Hamlet. Nous sommes dans les brumes hivernales de la côte danoise : la Mer du Nord par une nuit de froid glacial, avec, dans l’air, des rumeurs d’un possible débarquement ennemi, venu de Norvège. Il doit être entre trois et quatre heures du matin, et il est normal que les vigies s’assoupissent sur les redoutes du château fort. J’ai noté que mon voisin succombait. Moi aussi. On était trop bien assis dans la nuit de ce grand hangar noir, plutôt délabré, et très faiblement éclairé : juste une rangée de néons glauques, un minimum sécuritaire. Une dizaine de tables de type gymnase ou de réfectoire d’école, blanches et moches pour tout décor. Et l’inévitable machine à fumée, discrète et ici, juste. Puis des fantômes commencent à apparaître, et notamment le fantôme du père de Hamlet. Il déambule, paumé, sans rien dire. Aucun effet dramatique pour ce grand, énorme drame baroque de Shakespeare[1]. Lire la suite

Plutarch and Santa Maria Presenting Maria Fernandez

Traduction en français (en cours)

Maria Fernandez is a long-time friend and collaborator of Pantheatre. She has been, for many years, my esoteric sister, and especially after I graduated and became a positive skeptic – of the “why not?” kind…  She will be guest of honor at two major events in 2018 :

The Paris Symposium & Laboratory :
Teachers, Cheaters, Gurus, Mentors.
April 27 to May 1st, 2018.

The Myth and Theatre Festival.
Theme: Nekyia : Descent to the Underworld.
At Malerargues, Roy Hart Centre, Southern France.
June 19 to July 1st, 2018.

A first presentation

No one that I know has travelled the way Maria Fernandez has, and therefore no one that I know knows more about “teachers, cheaters, gurus, mentors”. To mention the masters and mistresses Maria has befriended would sound like science fiction. To name but three: Baba Ji, the Dalai Lama, the formidable Shakmah Winddrum. Yet, three years ago she undertook possibly her most serious journey when she had a very severe brain stroke and went under for some months. I visited her with trepidation shortly after it happened; sang to her and moved her arms lightly in order to dance with her. I saw the glimmers of a smile on her face. She says that she has recovered 97%, and that she is happy to do without the overactive remaining 3%. Lire la suite

Mediumship and Real Estate — Roy Hart and Malerargues

Following the publication of the article titled Towards a Docta Memoria of Roy Hart [1], a philosopher colleague involved with the Roy Hart Centre, sent me some comments concerning especially the relationship between Roy Hart (1926 – 1975) whom he did not meet, and Roy Hart’s teacher, Alfred Wolfsohn (1896 – 1962) whose writings he is very familiar with, in the original German. I told him that an exchange like ours could already constitute a “doctoral” agenda.

This article has two parts. One that is ‘internal politics’ and a second one that is philosophical. At this juncture, especially, I cannot separate the two, and it is essential for me to state my position on Malerargues, the property, in the South of France, where the Roy Hart Centre is based, as well as on the use that is made of Roy Hart’s name[2].

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Towards a Docta Memoria of Roy Hart

Translated from the French
Voir l'original en Français

Docta Memoria / Learned Memory

No doctorate has been written on Roy Hart. This is a surprising lacuna that contains or has taken on the appearance of an aporia, that is to say a void or avoidance, possibly a moral obstacle or a form of tacit interdict linked with his violent death in a car crash, including his two closest loved ones. On several occasions, I have tried to encourage students to take on such a doctoral undertaking, which I would say is all the more interesting because of the inherent difficulty and resistance. I have suggested different approaches to persons who could engage in such cultural reflections, and I am even prepared to lend a hand. It is true that time passes and that most of the academic and cultural references belong to another era, namely to 1968 and the 1970s – but the distance can be actually an advantage for such reflections.

I am referring specifically to Roy Hart (1926 – 1975) and to his ideas.

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Pour une Mémoire Docte de Roy Hart

"Towards a Docta Memoria of Roy Hart"
See English translation

Docta Memoria

Il n’y pas de doctorat écrit sur Roy Hart. C’est une lacune qui contient ou qui a pris des allures d’aporie, peut-être même une forme de tabou traumatique suite à son décès violent dans un accident de voiture avec ses deux compagnes intimes. A plusieurs reprises j’ai encouragé des étudiants à confronter une telle tâche, qui selon moi est d’autant plus intéressante qu’il y a cette résistance voire ce non-dit inhérent. J’ai fait des suggestions de différentes approches à des personnes susceptibles d’entamer une réflexion culturelle en profondeur; j’ai même été prêt à donner un coup de main. Il est vrai aussi que le temps passe et que les références universitaires et culturelles appartiennent à une autre époque, notamment à 1968 et aux années 1970. Mais d’un autre côté la distance et la mise à distance peut être favorable à une telle refléxion.

Je me réfère ici spécifiquement à la personne de Roy Hart (1926 – 1975) et à ses idées.

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GOUROU, QUEER & DERRIDA

Voir aussi la note dans mon nouveau MINI-BLOG au sujet de la tribune de Paul B. Preciado dans le journal Libération du 15/02/2018 , intitulée Lettre d’un homme trans à l’ancien régime sexuel.

Des images seront ajoutées bientôt.
English translation in the making…

Cet article fait suite à celui intitulé Kaya, Karma, Khoros, Krishna dédié à Kaya Anderson publié en anglais [1]. J’y parlais de ma propre résistance, étudiant de Beaux-Arts à la fin des années 1960 à Londres, envers tout ce qui était indien. Après avoir lu l’article où je décris la qualité « gourou » de Kaya, elle m’a très cordialement posé une question point blank (à brûle-pourpoint) : est-ce que je me considère aussi comme un gourou, ou un enseignant de type gourou. C’est direct, pertinent et un juste retour des choses, vu que, encore aujourd’hui en Occident, ce n’est pas nécessairement un compliment. Mstislav Rostropovitch, lorsqu’on l’adoubait du titre de « maître », répondait très vite : « centimètre ». Lors de la conversation avec Kaya deux autres questions ont surgi sur le thème de l’enseignement ; d’abord celle de l’inclusion des rêves et d’éventuels retours interprétatifs dans l’enseignement vocal/théâtral. Ensuite et par corollaire : pourquoi je ne donne pas de « leçons de chant » [2] en individuel, dans un rapport de un à un ? Dessous, des réponses.  Lire la suite

Karma, Kaya, Khoros, Krishna

Images still to be included.

The title of this article may sound like an Indian mantra, but it isn’t quite: Kaya refers to Kaya Anderson to whom this article is dedicated, and Khoros is Greek: chorus. But I will owe up and this article should make clear why such references. I start with  a confession: as a student I used to be rather mean and distrustful with all things Indian . Maybe it was a reaction to the fact that at the time I lived and studied in the very hub of London’s hippie Indian craze of the mid 1960s: Chelsea School of Art was right next door to the Antique Market on the King’s Road: incense, marihuana and sitars. I particularly distrusted Indian alternative philosophical attitudes and the forms of teaching associated with them. Not that I knew that much about the Vedas, yoga or Buddhism: I was prey to a common, arrogant bug amongst Western artists and thinkers, one that was (and still is, though less) particularly prejudiced and aggressive against two fundamental Indian notions: karma and guru. Predictably enough, poetic justice turned the tables on me: I met Roy Hart and started following him. Roy Hart was certainly not Indian but he knew well how close his model of teaching was to that of a guru, and what the meaning of working on karma implied[1]. Lire la suite

The Metaphysical Voice & The Boots of Innocence

The Metaphysical Voice & The Boots of Innocence

Nate Speare – a Brooklyn-based actor, director, playwright and astrologer, with serious knowledge of James Hillman’s work and ideas – sends news that “his Reagan is being revived per invitation of Dixon Place, lower east side in Manhattan, on November 4th (2017)”. I directed the piece some years ago as part of a training and study residence Nate did with Pantheatre. He took over the Pantheatre library and worked on a great archival catalogue. He also wore, performing Reagan, a pair of old black cowboy boots I lent him for the occasion. The piece contains docu-fictional revelations on Reagan’s Alzheimer’s fantasies – and on the fact that Nate when a kid was a fan of Ronald Reagan, if only to annoy, be contrary and imp-pertinent with his liberal East-Coast father. Nate is revising his Reagan to integrate the new presidential delirium: a ‘trumped up’ version of a tragic-comically ‘trumped-down’ piece: Reagan’s Alzheimer’s was actually, and in spite of being very funny, a terrible descent into hell.

Probably at exactly the same time when Nate sent me his email, I was directing an actor and theatre teacher in our Paris professional laboratory. We were going to tackle his working text for the first time. I asked him to lie down on his back, close in front of the audience and, before starting, to sigh deeply and calmly, for quite a while, relaxed and relieved. I had no idea what text he had chosen.

The following paragraphs comment and analyze a directorial session, weaving in psychological and philosophical threads. The integration of text into both choreographic theatre and voice performance is the “cherry on the cake” of my work, the core and cutting-edge of what I actually mean by voice work. It is also where I have taken, amongst other sources, Roy Hart’s voice philosophy, and it is in line with a post-modern (Derrida-like) definition I particularly like, by Italian philosopher Giorgio Agamben: “Listening to the voice in speech is what thinking is all about”.

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Cœur Sauvage / Voix Sauvage

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Traduit de l’anglais
remerciements à Véronique Taconet et Pierre Jeammes.

Réflexions critiques à propos d’une performance de Waltrud Höfinger,
intitulée: Not a Song (Non pas une Chanson) –
une performance personnelle, poétique et musicale sur la voix,
présentée à Malérargues, Centre Roy Hart, en août 2017.

Le titre de cet article est inspiré d’un livre de l’écrivain brésilienne Clarice Lispector, intitulé Near to the Wild Heart (1943), Près du Cœur Sauvage. Linda Wise, compagne, metteur en scène, actrice et professeur, l’étudie pour un projet de spectacle. Elle l’a décrit comme «le livre le plus sauvagement introverti qu’elle ait jamais rencontré».

Nota : le mot « sauvage » en français peut se traduire en anglais par deux mots : savage qui est trop « sauvage » justement, voire cruel, brutal, sans-manières, et par wild (le mot dans l’original anglais), qui est moins agressif et se réfère à un état de nature sauvage, non civilisée, non domestiquée – libre, en ce sens.

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Wild Heart / Wild Voice

Comments and reflections after a performance by Waltrud Höfinger titled: Not a Song, A personal, poetical, musical performance about voice, performed at Malérargues, Roy Hart Centre, August 2017.
The title of the article is inspired by a book by Brazilian writer Clarice Lispector, titled Near to the Wild Heart (1943). Linda Wise, companion, theatre director, actress and teacher, who is studying it for a possible performance project, described it as “the most wildly introverted book she had ever come across”.

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Professeurs, Tricheurs, Gourous, Mentors

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Des commentaires sur l'article seront traduits et présentés
 en français. Ils sont lisibles dans la version anglaise.

Figure connue comme le Sorcier de Trois-Trères.

Note de traduction. Le titre de cet article part sur un jeu de mots anglais, mordant, voire risqué: l’inversion teacher / cheater. Cheater, c’est tricheur (fraudeur, trompeur, escroc…) En français l’on pourrait jouer sur mentor/menteur, mais cela n’a pas l’étincelle du tricheur/trickster (qui invoque Hermès l’Arnaqueur Divin). Plus complexe et scandaleux – et très au goût du jour – est le duo chaman/charlatan. Lors d’un vif échange avec Charles Boer, l’un de mes professeurs de mythologie, il m’a écrit : « Shaman you ! » (Shame on you, honte à toi!) Il refusait le titre de Sorcier (ou de Chaman) à la fameuse figure de la Grotte de Trois-Frères. C’était le temps de la lutte militante du théâtre contre le chamanisme. On n’en est plus là – et ce que représente (performe) le chamanisme me semble fondamental, et surtout depuis les livres de Peter Kingsley.
Remerciements à Véronique Taconet et Pierre Jeammes pour avoir affiné cette traduction.

5 sections

1 – PROJETS / STRUCTURES & DIPLOMES
2 – DIRECTEURS ET DIRECTIVES
3 – MENTOR
4 – ART & THÉRAPIE
5 – POURQUOI ROY HART?
6 – CONSULTATIONS CASUISTIQUES

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The Unexpected Voice: EGYPT, Mother of all Fiction

Expanded from a lecture delivered in Torino:

IL GENIO DRAMMATURGICO ORACOLARE
The genius of oracular dramaturgy

14 luglio 2017 – Cavallerizza – Torino. Lecture by Enrique Pardo: on the occasion of a visit to the Museo Egizio, the director proposes a meditation on the invention of religions in Egitto, mother of all fictions. Special gratitude to the Cavallerizza I-REALE occupata for its hospitality.

 

 

Museo Egizio Entrance

The town of Torino has the surprising reputation of being one of the Europe’s capitals of magic. This is due especially to its Egyptian Museum, product of the fascination with Egypt in the 19th century after Napoleon’s expeditions, which were Masonic-driven enterprises to a large extent, seeking for the source and prestige of Egyptian esoteric magic. Bernardino Drovetti, a highly colorful and animoso (fiery) character joined Napoleon’s Egyptian party, to then remain in place as French proconsul and thus obtain all the permits needed to organize archeological digs, send them back to

Sr Drovetti

Italy (he was from Torino…) – or sell them all over Europe. Later, in the 1890s, Sr. Ernesto Schiaparelli an archeologist of high repute, senator to the monarchy, expanded the Torino museum with his own extraordinary discoveries (he found Nefertiti!): he was particularly lucky to stumble upon the village of the artisans who built the palaces and temples of the Valley of Kings, and Queens. These sites were intact, preserved under desert sand. The atmosphere in Turin when the cases arrived and were opened was, well, “magic”.

Here are some reflections on the occasion of the visit to the Museo delle Antichità Egizie di Torino, organized by Piccola Compagnia della Magnolia who invited Linda Wise and me to direct a professional theatre course as part of their project Alta Formazzione MAESTRALE 2017. First class hosts and first class participants (the organizers’ choice.) Our project addressed Divinatory Theatre – and more precisely Il genio dramaturgico oracolare (The genius of oracular dramaturgy). I am a great believer, especially in laboratory contexts, in the maxim that says: “If you write “devil” on the wall, the devil will appear”. We wrote “Egypt”.

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Teachers, Cheaters, Gurus and Mentors

Voir traduction française.

5  sections
1 – BLUEPRINTS & DIPLOMAS
2 – DIRECTORS & DIRECTIONS

3 – MENTOR
4 – ART & THERAPY
5 – WHY ROY HART ?
6 – CASUISTIC CONSULTATIONS

see comments & echanges with Steven Levine and Sean Lewis, below.

1 – BLUEPRINTS & DIPLOMAS

Teachers, Cheaters, Gurus and Mentors: Roy Hart was all of these, and more, like most great guiding figures. Each of these designations has its own mindscape and values; how to differentiate them? How to gage the balance and interplay of their inherent blueprints and moods – their evolution in time and the influence of other models, current or historic – sometimes unacknowledged, sometimes unknown? And how to do this in Roy Hart’s case, more than forty years after his passing? The following are “post-Roy Hart” reflections written as part of a process of reviewing and revisioning the transmission of Roy Hart’s legacy, especially by the persons now actively linked to the Roy Hart International Artistic Centre. The place is important since the process is, precisely, taking place in Malerargues, a property and a château purchased in 1974, only months before Roy Hart’s passing[1], a place – real estate – which to a large extent kept the group that followed him together, at least for some time, for better and for worse – and which today includes mostly persons who never met Roy Hart. Lire la suite

Hammond & Soul (English)

Version française (en cours)

An original Hammond Organ. See footnote 1.

Hammond Organ [1] was the title of a concert on July 26, 2017, given at Lasalle, in the South of France, the neighboring village near Chateau de Malerargues. The concert was organized by the United Protestant Church of the Val de Salindrenque.

We are in Protestant country and the village of Lasalle (barely over 1000 inhabitants – in Winter!) must have over ten Protestant temples lined up along its single two-miles long street, all of different confessions. The subtitle of the concert says: From the psalms to Negro-spirituals and to XXth century Gospel, with the Hammond organ and organ player JP Delrieu. 1517 – 2017 : 500 YEARS of influences in the evolution of music in the world [2]. PRESENTATION.

Forewords

Written before the concert. Afterwords below

James Hillman once said to me: “It is important to be Protestant once a week”. He was Jewish, and I was (am?) Catholic (we are talking culture here, not religion.) If there is one title that James Hillman absolutely deserved, certainly in our times, it is that of being “The King of Soul” (yes, up there with Salomon Burke and his own Hammond). In fact in an editorial of an issue of Hillman’s Spring – A Journal of Archetype and Culture, the then acting editor, Charles Boer, at his imp-pertinent best, wrote that James Hillman should have the copyright on the word soul[3]! He was addressing, obviously, white American high culture and psychotherapeutic circles[4], because by then the word SOUL had taken over black American and world popular culture. It was African-Americans who brought back the word SOUL, causing the revolution we all know, in music, in singing – and in musical theology: notice the close call between singing and sinning! Popular soul was black.

At the very same time and in a completely different context, Roy Hart was quoting the 19th century American romantic poet Henry Longfellow: “The voice is the muscle of the soul”.

Now for some reflections on the chain of synchronicities leading to and spinning off from these seemingly disparate cultural landmarks.

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Hammond & Soul (Français)

English version (full article)

L’Orgue Hammond [1] est le titre d’un concert programmé le 26 juillet 2017 à Lasalle, le village voisin du Château de Malérargues, dans le Gard. Le concert est organisé par l’Eglise Protestante Unie du Val de Salindrenque. Nous sommes en pays protestant, camisard même. Il doit y avoir à Lasalle au moins dix temples protestants, de confessions différentes, alignés le long d’une rue unique, longue de deux kilomètres. Le sous-titre du concert dit: Des psaumes au Negro-spiritual et au Gospel du XXe siècle avec l’orgue Hammond et l’organiste JP Delrieu. 1517 – 2017 : 500 ANS d’influences dans l’évolution de la musique dans le monde[2]. INFORMATION.

James Hillman m’a dit une fois: « Il est important d’être protestant une fois par semaine ». Il était juif, et j’étais (je suis ?) catholique – je parle ici culture et non croyance. S’il y a un titre que James Hillman aurait absolument mérité, surtout à notre époque, c’est celui d’être The King of Soul (Le Roi de la Soul, âme/anima – oui, là-haut ou là-bas, avec Salomon Burke et son orgue Hammond.) En fait, dans un éditorial des années 1980, dans la revue qui lui appartenait, Spring – A Journal of Archetype and Culture, le rédacteur en chef d’alors, Charles Boer avec son im-pertinence habituelle, écrivait que James Hillman devrait avoir les droits d’auteur sur le mot soul ! Il s’adressait, bien sûr, aux cercles intellectuels et psychothérapeutiques blancs aux Etats-Unis, car, le mot SOUL dominait alors la culture populaire noire américaine, et mondiale. Ce sont les Afro-Américains qui ont ressuscité le mot SOUL, provoquant la révolution que nous connaissons tous, dans la musique, dans le chant – et dans la théologie musicale: en anglais il n’y a guère qu’une lettre qui sépare pécher de chanter (singing / sinning)! La soul, l’âme, était noire. À la même époque et dans un contexte complètement différent, Roy Hart citait le poète romantique du 19ème siècle américain, Henry Longfellow: «La voix est le muscle de l’âme».

A présent regardons de plus près les synchronismes historiques qui relient ces réflexions culturelles. (Traduction française en cours. Article complet en anglais.)

[1] L’orgue Hammond est un petit orgue électromécanique créé en 1935 aux USA, originalement conçu surtout pour les églises qui ne pouvaient pas se payer un orgue à tuyaux. Il fut adopté par les musiciens de jazz et devint le son rock et soul par excellence. A présent la marque appartient au japonais Zusuki, avec de nombreux clones numériques.

[2] Les 500 ans sont ceux depuis la publication en 1517 par Martin Luther de ses 95 thèses contre Rome qui déclenchèrent la Réforme Protestante.

Emotional Pornography and Democracy in America

Lacura, by Bibiana Monje
Democracy in America, by Romeo Castellucci

Enrique Pardo, Bilbao, April 2017

  LACURA : TRAILER | CRITICAS  
Traduccion al español pronto
Traduction française bientôt

This article follows-up on a first post on LACURA, the performance of and by Bibiana Monje presented in Madrid in November 2016 as an avant-première I described as a Miraculous Catastrophe  [1]. It was then premièred in Bibiana’s native Canaries Islands on March 17, 2017, this time ‘after the catastrophe’: the computers and multi-media effects behaved impeccably, plus, Linda Wise and I did some fine-tuning with Bibiana on some of the lessons learnt in Madrid on miracles and catastrophes. LACURA is turning into a big success, expanding beyond The Islands, as the locals call the Canaries, into La Peninsula – the Spanish mainland – and beyond. In this article I wish to focus on something that was picked up and commented by the critics, and which I consider essential to my sense and ambition of performance, something that one of the articles went as far as to put in terms of “emotional pornography”.

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Le Tweet de Jodorowsky

La philosophie de Roy Hart

J’ai choisi une très forte polémique autour d’Alejandro Jodorowsky pour éclairer ma position aujourd’hui sur la philosophie de Roy Hart dans le contexte des formulations du nouveau site du Centre Roy Hart [1]. Alejandro Jodorowsky est un artiste, devin et commentateur culturel chilien, connu en France et dans le monde entier pour ses films devenus culte; connu aussi pour ses lectures généreuses et acérées du Tarot, dans un café parisien – et, à présent, pour ses tweets, surtout en Espagne où il a, ou avait, un programme à la télévision qui mélangeait allégrement les entretiens people et culturels avec le Tarot. Le tout dans une atmosphère très affable, plutôt Madame Soleil, avec une belle ironie enjouée, mais toujours direct, courtois et sans langue de bois [2].

Plutôt que de remplir le formulaire j’ai donc choisi une réponse de fond. Ni le format, ni l’esprit des questions ne correspondaient à ma position à Malérargues, ni à comment je vois l’héritage de Roy Hart, ni non plus à une présentation du Festival Mythe et Théâtre [3] qui n’est ni un stage ni un festival au sens conventionnel, mais plutôt d’une grande rencontre entre pensée (surtout mythologique) et pratique théâtrale [4].

Une autre question concernait ce que signifie le lieu, Malérargues. J’en parlerai un jour. Pour mes réponses originales, voir le FORMULAIRE.  J’ai entretemps remplacé Le Tweet de Jodorowsky par une deuxième définition : La Voix d’un Voyant. [5].

tweetLe 25 juillet 2016, il poste un tweet qui est critiqué férocement dans le journal espagnol El Pais [6].

Je présente ci-dessous l’échange de tweets, des extraits de l’article dans El Pais, et mon commentaire. Ils firent l’objet d’un séminaire sur La Psychosomatique durant l’été 2016, avec Kaya Anderson et Linda Wise – voir diaporama. Le présent article est aussi, bien évidement, lié au thème du prochain festival : Tirésias – Voix Mantique, Devin Aveugle, Transsexuel. Voir note #2.

LE TWEET: « Jeune fille, j’ai été abusée sexuellement. A présent, malgré l’amour que j’éprouve pour lui, j’ai du mal à désirer mon partenaire. »

LA REPONSE d’Alejandro Jodorowsky: « Déguise-le comme l’homme qui t’a abusée, il/cela t’excitera. »

LA CRITIQUE de Beatriz de Vera dans El Pais – 26 JUL 2016:

Psicoanálisis, la teoría detrás de los disparates de Jodorowsky

« La Psychanalyse, la théorie derrière les absurdités de Jodorowsky. Après la polémique créée par l’écrivain sur Twitter, nous analysons la validité scientifique de l’un des piliers de la Psichomagie. »

Article complet en espagnol.

Extraits : « Aucun utilisateur de Twitter, ou personne reliée aux médias, n’a pu rater l‘incendie criminel sur les réseaux sociaux causé par un message de l‘écrivain, réalisateur et thérapeute psychomagique Alejandro Jodorowsky, dans lequel il dévaluait et même banalisait les abus sexuels sur mineurs. Le tweet en question faisait référence à la consultation d’une patiente: « Jeune fille, j’ai été abusée sexuellement. A présent, malgré l’amour que j’éprouve pour lui, j’ai du mal à désirer mon partenaire. » Le chilien recommande: « Déguise-le comme l’homme qui t’a abusée, il/cela t’excitera. » Et il explique sa position par un autre message qui s’est avéré être encore plus tordu et controversé: « Un abus sexuel peut être féroce ou peut être séduisant si c’est un inceste. L’abus incestueux peut ne pas être violent et réveiller un Oedipe .

Ces barbaridades (inepties barbares) sont le résultat d’une discipline psychologique, une pseudo thérapie créée par un artiste et appelée Psychomagie. Et si le nom n’est pas preuve suffisamment éloquente, cette discipline se dit enracinée dans le chamanisme, le tarot, la psychanalyse et l’effet du théâtre. Le journaliste et membre du Cercle Sceptique MJ Schwarz, a averti pendant des années sur la folie des théories de Jodorowsky, qui se considère comme l’«élu» de la Psychomagie. Le Mouvement Panique qu’il a fondé conjointement avec le dramaturge Fernando Arrabal et qui basait son symbolisme sur la psychanalyse, est une démarche qui peut se justifier pour un artiste qui cherche à trouver des symboles pour déclencher certaines émotions, mais lorsqu’il est vendu pour «guérir» des personnes atteintes de graves troubles émotionnels, des problèmes ou situations psychiatriques, c’est d’une irresponsabilité suprême. »

MON COMMENTAIRE : « La réponse de Jodorowsky est, à mon avis, adroite et « performative » à au moins trois niveaux: affective, effective et fictive. Elle manifeste une grande sagacité psychologique, adulte, en base à un «contrat moral» direct et, pour sûr, ici, condensé. Bravo à la dame pour avoir osé sa question ainsi. Jodorowsky donne une leçon d’enseignement psychosomatique, de type psychodrame, et conforme par ailleurs aux traditions des consultations oraculaires, comme Delphes (tout aussi brèves), et aussi le Tarot… La réponse que l’on obtient dépend en très grande partie de la question posée. Artistiquement, Jodorowsky est en ligne avec tout un pan de la dramaturgie contemporaine, à vrai dire « classique » depuis la deuxième guerre mondiale : le théâtre panique, le théâtre de l’absurde, le théâtre existentiel, etc. Et, depuis, avec la descendance d’un auteur comme Harold Pinter (prix Nobel) : des auteurs-dramaturges pour qui il s’agissait d’articuler les fantasmes érotiques sous-jacents qui meuvent (et émeuvent) individus et sociétés. J’ai trouvé choquant, et borné, le statut donné par la critique d’El Pais à l’imagination, à l’art et au théâtre en particulier. Ma réaction ne cherche pas à dévaluer le recours à la médecine ou à la pharmaco-psychiatrie, mais à souligner l’importance de Psyché dans la conscience, même scientifique, contemporaine.

Jodorowsky n’est pas loin du tout de la façon dont j’ai vu Roy Hart agir et enseigner – et c’était l’aspect de son enseignement qui m’a le plus marqué: sa capacité extraordinaire d’adaptation psychologique au cas par cas pour donner des réponses affectives et effectives. Il faisait cela principalement par l’interprétation de rêves dans un contexte groupal. (Je me dois d’ajouter ici, aujourd’hui: « La voix est toujours une voix de rêve »[6], car la philosophie de la voix, comme la pensée psychosomatique, comme la phoniatrie, a beaucoup évolué depuis 1975, date du décès de Roy Hart.) Lors des réunions de groupe, Roy Hart pouvait être intensément patient (des heures et des heures à « pêcher dans l’inconscient »), et d’autres fois il pouvait être radicalement incisif, bref et férocement antinomique (briser les normes).

Les accusations virulentes contre Jodorowsky, et contre Freud et la psychanalyse, comme étant « non scientifiques », devraient être dépassées – et le sont en fait par les penseurs qui aujourd’hui – même les technico-scientifiques – relativisent l’épistémologie de la pensée scientifique. La hargne contre Freud semble continuer cependant, certainement chez cette critique d’El Pais ; j’y entends en fait une censure morale et non une attitude scientifique, car je ne vois pas ce qu’il y a de choquant dans ce que dit Jodorowsky sur l’inceste.

Il se trouve que je suis ami proche de Sonu Shamdasani, peut-être le plus renommé des historiens de la psychologie aujourd’hui: il fut directeur des archives de la Maison Freud à Londres, et ensuite chargé des archives de C.G. Jung – dont il édita Le Livre Rouge. Au sujet de C.G. Jung, lorsque j’ai demandé au cercle de penseurs amis du Festival Mythe et Théâtre: « Pourquoi Jung est-il si présent dans nos références ? », ils ont dans l’ensemble répondu : « Parce qu’il ne ferme pas les frontières de l’imagination. » Là il y avait une possible critique implicite de Freud – du Freud qui se voulait scientifique, tout comme Jung d’ailleurs : à l’époque ils se devaient de l’être. Pour quelqu’un comme James Hillman, une génération plus tard, ce n’était plus un problème et sa séparation avec l’Institut Jung de Zurich s’est faite en grande partie à cause du virage excessivement clinique que prenaient l’institut et ses diplômes. D’ailleurs tous trois, Hillman, Freud et Jung, dans cet ordre à mon avis, étaient de grands écrivains.

Il y a quelques années Sonu Shamdasani a aussi rejoint la cabale scientifique contre Freud : il fut co-auteur avec Mikkel Borch-Jacobsen de Le Dossier Freud.[7] J’ai écrit que c’était  « … un livre terrible contre Sigmund Freud où ils critiquent sans pitié ses méthodes scientifiques. Ils y parlent de « folie à deux » : comment Freud « plante » ses idées chez le patient pour découvrir ensuite la preuve scientifique de ses hypothèses. En lisant leur démontage féroce des fameux cas cliniques de Freud je me disais: « mais c’est exactement notre procédé de création artistique ! » – un jeu d’influences, de suggestions, d’appropriations, de transferts – mais avec suffisamment de détachement « contractuel » et d’humour complice pour que chacun puisse tenir son rôle dans l’élaboration du résultat final. »[8]

Aujourd’hui, j’en suis venu à jouer (performer), diriger, enseigner (et peindre et écrire et penser) selon ce type de vision, faisant confiance à ma propre perception psychologique, à ma façon de passer à l’acte, et de donner voix aux scénarios de contretransfert (ou de folie à deux), tout en évaluant et en analysant le plus lucidement possible le contenu et l’engagement du «contrat moral»: quelle est en fait la requête qui m’est faite, aussi oblique ou même inconsciente soit-elle ? Je n’hésite pas à recommander le recours à la médecine, par exemple pour des troubles vocaux, vu la teneure du travail vocal – ou à la psychothérapie[9]. En fait l’« éducation » psychanalytique – à priori dans toutes les écoles – me semble donner un fond d’expérience et de réflexion parfois essentiel à la création artistique – comme par ailleurs l’« éducation » culturelle et académique : les idées et les livres. Je suis très prudent avec la frontière entre art et science, surtout la frontière pharmaco-médicale, et souvent à cause des excès héroïques et alternatifs des années 1960/70. Mais ce n’est pas une raison pour fermer les frontières.

Trois phrases pour finir :

Je soutiens que la psychosomatique est aussi le substrat du métier de créateur-performeur.

« Ce ne sont pas tant les personnes qui ont besoin de thérapie, mais les idées », de James Hillman, qui voyait là le rôle principal des artistes.

M. G. Le Clézio : « Un jour on saura peut-être qu’il n’y avait pas d’art mais seulement de la médecine»[10].

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[1] Voir site web du Centre Roy Hart.

[2] Je recommande vivement l’entretien avec Paul B. Preciado sur  DAILYMOTION

[3] Le Festival Mythe et Théâtre aura lieu du 18 juin au 2 juillet 2017, comme tous les ans, à Malérargues, Centre Roy Hart, dans le Midi de la France. Voir FESTIVAL. Son thème : Tirésias : Voix Mantique / Voyant Aveugle / Transsexuel. Voir EDITORIAL  sur ce blog.

[4] La philosophie de Roy Hart tout comme son travail vocal y ont une place importante, ainsi que la mise à jour de sa pensée, de sa pratique, et de son contexte historique (les années 1960/70).

[5] Si j’ai connu quelqu’un qui pouvait être un provocateur public, c’était bien Roy Hart – au point que certains de ses proches on parlé d’auto-sabotage de ses entreprises théâtrales. Pour lui, sans aucun doute, cela faisait partie de l’intégrité militante de sa voix. Un exemple : lors des entretiens publiés dans la revue Primer Acto (Madrid, fin des années 1960 – bientôt traduits), le ton de ses interlocuteurs est souvent très méfiant, car, comme avec Alejandro Jodorowsky: Roy Hart savait aussi séduire et, comme le remarque l’un d’entre eux, être « sibyllin ».

[6] Tirée d’une citation de Mladen Dolar dans, Une Voix et Rien d’Autre, Broché – 2012, Christine Vivier (Traduction).

[7] Voir Folie à plusieurs Jung et Freud. Procédures artistiques, biographies et folies à plusieurs, sur le blog « technique » de Panthéâtre.

[8] Voir les notes de mise en scène du spectacle Une Etrange Demoiselle, de Maryline Guiton. Et le Festival Folies à Deux, Paris 2012.

[9] Voir les quatre articles consacrés à Rafael Lopez-Pedraza, psychothérapeute, sur ce blog.

[10] J. M. G. Le Clézio in, Haï, Skira-Flammarion, 1971.