Une Grenade Psy

Grenade de et par Véronique Taconet
Mise en scène par Linda Wise

Présenté le 21 juin 2019 à Malérargues, Centre Roy Hart
Dans le cadre du Festival Mythe et Théâtre 2019

Grenade est un bijou théâtral, conçu, écrit et joué par Véronique Taconet, mis en scène par Linda Wise. Je pourrais dire que j’ai ‘adoré’ cette performance, et que j’aurais pu garder égoïstement pour moi le plaisir qu’il m’a procuré. J’ai opté pour partager par écrit mon appréciation à la fois sensuelle et intellectuelle pour ce que j’ai qualifié de «Bijou Psy», et rendre explicite cette appréciation en la mettant notamment en rapport avec l’intérêt que je porte en ce moment envers « Les Politiques de la Spiritualité ». Je cite là le titre d’un article de J. Brent Crosson[1], anthropologue américain, spécialiste de la diaspora africaine dans les Caraïbes – et qui écrit notamment sur le statut politique de ce qu’on appelle la superstition et les spiritualités non-religieuses. S’il s’agit donc, avec Grenade, d’un bijou théâtral, c’est aussi parce qu’il ouvre des perspectives en tant que bijou psy. (Il était aussi, dans sa simplicité, ‘techniquement’ parfait – dans le plus bel esprit d’un Théâtre Pauvre.)

[1] J. Brent Crosson, professeur d’Anthropologie et Religious Studies à l’Université du Texas à Austin. LIEN

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Estampe / Estompe

Mazel b
Musiques des âmes du monde
Concert
Ruth Benarroch
Accompagnée à l’accordéon par Maxime Perrin.
Le 24 août 2019, à Malérargues, Centre Roy Hart.

L’ESTAMPE

Photo archive – Ruth Bennaroch

J’appelle Ruth Bennaroch La Reine Séfarade, et j’ai beaucoup de compliments à lui faire au niveau de ‘l’estampe’. Être une reine séfarade en est déjà un, et de taille ! Une magnifique estampe. Une estampe, techniquement, c’est une impression à partir d’une gravure prototype : un transfert sur papier d’une image gravée sur cuivre – ou sur d’autres supports, comme la lithographie, sur pierre (une forme moins pointue et acide – plus estompée, justement). Par extension, une estampe est aussi une image, prise au sens large d’une figure-type, typée souvent jusqu’à l’allégorie, et généralement à la fine allure – ou riche et fleurie, comme c’est le cas avec Ruth Benarroch. L’art européen de la fin du 19e a connu un engouement particulier pour les images estampes (les Préraphaélites en Angleterre, les Néo-Classiques en France, appelés méchamment Pompiers…) Ruth Benarroch est une estampe incarnée : une reine, et non plus une princesse. Matisse l’aurait prise comme modèle d’odalisque – et Picasso l’aurait suivi de près.

Matisse Odalisque

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Méchant Carton Plein

Le Rêve d’une Danse

Photo Didier Monge

de et par Hélène Larrodé
mise en scène de Linda Wise

Représentation donnée le 9 août
2019, au Centre Roy Hart (Gard)

 

 

 

Prélude

Mon père avait un avocat, non pas véreux, mais venimeux. Et laid. On l’appelait le singe électrique (el mono eléctrico) tant il avait de tics (à la Sarkozy). Par contre, il était toujours impeccablement surhabillé, surparfumé et surgominé. Je pense qu’il était amoureux de ma mère et qu’elle l’avait envoyé promener. C’est une histoire à la Othello (à la Iago, surtout) mais post-mortem, car mon père est mort à quarante-six ans d’une terrible cirrhose – après vingt ans de whisky ! L’avocat s’est débrouillé pour lui faire signer un divorce peu avant sa mort, en plein coma, laissant ma mère sans héritage ni soutien financier. Cet avocat gérait aussi une autre obsession de mon père, (qu’il repose en paix : il est parti trop tôt pour que puisse être son ami…). Son autre obsession, c’était l’évasion fiscale. Les sociétés off-shore (Panama déjà). Ma sœur et moi n’étions pas dupes et traînions les pieds pour aller signer les papiers de l’héritage après sa mort. L’avocat a vite compris pourquoi, bien sûr : ce divorce. Sans un mot, il a fait déposer un énorme tas de cartons devant l’appartement de ma sœur, bloquant le palier, avec tous les dossiers. (Voir le post scriptum, pour une réflexion sur ce prélude.)

J’ai eu aussi un peu l’impression d’avoir déchargé plein de cartons chez Linda Wise, en discutant avec elle sur Le Rêve d’une Danse. Des cartons contenant des dossiers sur la performance donnée la veille à Malérargues. C’était la quatrième version que je voyais.

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LUCK LEXICON

Vers un  LEXICON  opératif et spéculatif

Et APERITIF pour le Festival Mythe et Théâtre  : 18 juin 2019.

ENGLISH : Towards an operative and speculative LEXICON (below)
ESPAÑOL : Hacia un LEXICON operativo y especulativo
(traducción muy pronto)

Voir aussi L'EDITORIAL et INFORMATION sur le FESTIVAL
(inscriptions ou participation partielle possibles)
Nous contacter texto +33 7 70 55 22 56 ou email
NOTES : MARAUDAGES et VADROUILLES

Les mots du lexique sont en rouge (ou bleu, si avec liens).

Proposition de construire un lexique autour de LUCK, un lexique à la fois opératif, qui accompagne le travail expérimental en laboratoire, et spéculatif, pour que les termes, leurs définitions et origines deviennent des catalyseurs créatifs. Un lexique, un glossaire, voire parfois un mode d’emploi ou même (peut-être surtout) un grimoire. Je compare d’ailleurs souvent les laboratoires (un terme qui nous vient de l’alchimie) à des séances de spiritisme : le théâtre comme travail de présence, oui, mais surtout de « présence d’esprits », au pluriel. Par ailleurs, une fausse étymologie est souvent bien plus créative qu’une ‘vraie’, qui peut boucher les horizons par manque d’ouverture d’esprit. Les étymologies douteuses font partie, d’ailleurs, des fonctionnements de LUCK, comme la découverte de la pénicilline par Alexandre Fleming en 1928 : un coup de LUCK bien suivi. Nous y reviendrons avec la notion de sérendipité mais surtout, à présent, de méchanceté : que préférez-vous, une mauvaise bonne fortune, ou une bonne mauvaise fortune ? Lire la suite

LUCK – L’EDITORIAL

Festival Mythe & Théâtre 2019

ENGLISH, (below)    ESPAÑOL (debajo)

du 18 au 30 juin 2019
Malérargues, Centre Roy Hart, dans le Gard
INFORMATION pratique, inscription, participation
Autres articles préalables, dont
Kraka et le Cancer - sur une des performances qui sera
présentée lors du festival.

Tout le monde connaît ce petit mot : LUCK. Il a été inventé, semble-t-il, par des magiciens celtes-germaniques, et a été ignoblement manipulé par la publicité des cigarettes Lucky Strike. Dans la perspective que nous voulons lui attribuer, LUCK vient à être un mot-talisman qui peut ouvrir les portails de deux notions fondamentales dans les arts de la performance : la magie et le chamanisme. Roberte Hamayon, la grande dame émérite du chamanisme à la Sorbonne, a redonné son prestige à la chance lorsqu’elle a raillé un étudiant en doctorat qui pataugeait dans ses définitions du chamanisme. Elle a tranché : « Tu es chaman tant que dure ta chance. »

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La Espírita Santa

Pogüerful

Ver también   Sinopsis y Notas de Dirección

Traduction française en cours
English translation soon

Pogüerful es una obra concebida y escrita por Bibiana Monje,
adaptación dramatúrgica y puesta en escena con Enrique Pardo.
Se presentaron dos pre-estrenos en Las Palmas de Gran Canarias
el 12 y 13 de abril de 2019 donde se vislumbró por primeara vez a
La Espírita Santa.
Es la segunda colaboración entre ellos – la segunda folie à deux :
locura a dos. La primera se titulaba LACURA.

Pogüerful : https://www.bibianamonje.com/pogueerful
Artículo sobre LACURA, Emotional Pornography (en inglés)

Hay, en Pogüerful, una figura que llamamos La Polaca, actuada por Lucía Camo, y que viene a ser La Espírita Santa de la obra. Guapa, rubia, flaca, alta (sobre todo con los patines puestos), con pinta sexy de guaripolera, de tipo dominatrix implacable, y que lleva como máscara una regadera de aluminio que le da aires de angel-rinócero diabólico. Una guaripolera es a una chica bonita que lidera los desfiles pseudo-militares de chicas bonitas, haciendo malabares con un bastón de guerra: el warpole – de ahí, guaripola, la bastonera.

Lucia CAMO    La Espírita Santa

Guaripoleras

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Tema & Meta – El Anagrama Pogüerful

Pogüerful

  1.   Sinopsis
  2.   Notas de Dirección
  3.   Notas después del Pre-EstrEno
Pogüerful es una obra concebida y escrita por Bibiana Monje,
adaptación dramatúrgica y puesta en escena con Enrique Pardo.
Se presentaron dos pre-estrenos en Las Palmas de Gran Canarias
el 12 y 13 de abril de 2019. Es la segunda colaboración entre
ellos – la segunda folie à deux: locura a dos. La primera se
titulaba LACURA.
Pogüerful : https://www.bibianamonje.com/pogueerful

Artículo sobre LACURA, Emotional Pornography (en inglés)

1 – Sinopsis

Sinopsis de Bibiana : « Tras el intento fallido de invocar las fuerzas sobrenaturales en un patio de butacas, una joven autora con ansias esotéricas, consigue parar el tiempo y abrir, por error, una brecha en la realidad, dejando escapar la absurda consciencia del equipo y los espectadores.  Resultado: ‘Magia potagia’ »

Sinopsis de Enrique :  « ¿Que es lo que pasó en Guatemala? El hecho es que, con sus antecedentes familiares en Canarias, pero también en California (el abuelo Castañeda, autor del Don Juan del Peyote, y su padre, el aventurero y mala bestia, Indiana Jones), Lire la suite

Done Elvire / Dom Juan

Compte-rendu et réflexions sur une scène de Laboratoire
autour d’un extrait du Dom Juan de Molière.
Dimanche 24 février 2019
Laboratoire de Théâtre Chorégraphique
direction Enrique Pardo

S’il y a bien une cerise sur le gâteau dans les montages des laboratoires de théâtre chorégraphique, c’est l’inclusion du travail de texte – du travail de performance avec texte : il s’agit de parler un texte, de le faire parler, de le laisser parler, de le dire et de le contredire, de le citer et de le réciter, de lui donner voix, de le laisser trouver sa propre voix (sa voie), d’entendre ce qu’il a à dire, de lui donner la parole, de détecter sa diction et de réveiller ses contre-dictions. Et faire tout cela hic et nunc : ici et maintenant, c’est-à-dire dans un contexte donné, trouvé, en improvisation dans la réalité du moment, dans l’esprit et avec le génie du lieu. « Si tu trouves ta place, tu trouves ta voix », maxime fondamentale du travail, devient ici : « Si tu trouves ta place, tu trouveras quelle voix ‘prêter’ au texte, et comment ‘placer’ cette voix ». Lire la suite

Angélica, Atroz, Indispensable

Traduction française pdf - article  sur le spectacle d'Angélica Liddell
The Scarlet Letter, à partir du roman de Hawthorne. 

English translation, in the making - on Angelica Liddell's performance
of Hawthorne's The Scarlet Letter

Reflexiones críticas entorno al espectáculo The Scarlet Letter, de Angélica Liddell, Théâtre de la Colline, París, enero de 2019, basado en el libro de Nathaniel Hawthorne, y asociaciones críticas con obras recientes de Romeo Castellucci, entre las cuales Le Voile Noir du Pasteur, 2011, basada en el mismo libro de Hawthorne, La Letra Escarlata.

ETIMOLOGIA

Tengo un diccionario etimológico favorito; es chileno, y esto es lo que dice sobre el adjetivo atroz:   « El adjetivo atroz, viene del latín atrox, atrocis, con el mismo significado. Pero atrox es un derivado de otro adjetivo, ater, atra, atrum, que en realidad designa simplemente el color negro mate (frente a niger, nigra, nigrum, que es negro brillante). Pero ater se asoció al color del humo negro (que frente al humo blanco de hogueras habituales acompaña a las quemas destructivas de diferentes productos que no son la paja o la madera, y de productos orgánicos, como cadáveres incluso), a la tiniebla sin luz y a toda forma de negrura sombría, y es por eso que acaba asociado a lo funesto, luctuoso, sombrío, terrible y anunciador de posibles males.
Atroz es un adjetivo con sufijo de fuerte tendencia (-oz), de modo que es un intensivo, de ahí su sentido de especialmente terrible, funesto, horripilante, y cruel incluso hasta lo inhumano. »

Sí, encontré el espectáculo de Angélica Liddell atroz pero en acuerdo con esta etimología. Lire la suite

Hello again, Zarathoustra

Séminaire originellement intitulé
Nietzsche et la Franc Maçonnerie
Autour du livre Philosophie de l'Initiation
de Bruno Pinchard
avec l'inclusion du livre de Peter Kingsley
Catafalque : Carl Jung and the End of Humanity.
 
RENSEIGNEMENTS et INSCRIPTION

Originellement, ce séminaire en deux séances allait être dédié au livre de Bruno Pinchard, Philosophie de L’Initiation, dont j’avais fait le Livre de l’Année 2018, mais sans avoir pu en partager les raisons jusqu’ici. Vous trouverez ci-dessous la présentation originelle du séminaire, puis ensuite sa mise à jour avec l’inclusion de l’impact du livre de Peter Kingsley : Catafalque : Carl Jung and the End of Humanity.

Le livre de Bruno Pinchard, d’abord. Je compte l’aborder à travers le thème: Nietzsche et la Franc-Maçonnerie, et je nous invite à étudier particulièrement le chapitre intitulé Ainsi parlait Zarathoustra / aux francs-maçons. Télécharger copie PDF

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Jung, Kingsley, Faulkner

rb nautis

Le Libre Rouge, Nautis, dessin de C.G.Jung

Carl Gustav Jung (1875 – 1961) est mentionné en premier dans le titre de cet article, par respect. Faulkner (1897 – 1962, un peu plus jeune), en dernier ; mais il serait « le premier grand romancier de l’inconscient ». Peter Kingsley, entre les deux : il vient de publier un nouveau livre (en deux volumes) intitulé : Catafalque : Carl Jung and the End of Humanity (Catafalque : Carl Jung et la Fin de l’Humanité). Les titres des livres de Kingsley sont en général de belles provocations, comme l’est aussi le ton qu’il adopte souvent dans ses écrits. Les universitaires peuvent être mesquins et compétitifs dans leurs critiques, mais qu’est-ce que Kingsley leur facilite la tâche ! D’un point de vue artistique, le mien, en marge des obligations académiques, mais allant souvent piller les travaux des universitaires, les provocations de Kingsley sont des appels d’air frais. Après tout, provoquer, c’est, étymologiquement pro voce : faire ressortir des voix, susciter l’inspiration, la pensée. Le respect dû à Jung est une autre affaire, que je dépose comme une gerbe de fleurs sur le pont-levis de sa tour médiévale à Bollingen, au bord du lac de Zurich. (Le pont-levis est une figure de l’esprit, bien sûr.) Lire la suite

Kraka et le Cancer

“Fantasmes Artistiques et Contrats Moraux”
Article #1

 

Cet article inaugure un cycle autour de projets de création dans le cadre de Panthéâtre, et issus du Laboratoire de Théâtre Chorégraphique que je dirige à Paris. Certains sont déjà en montage, d’autres en gestation ou work in progress, et d’autres sont encore, et peut-être le resteront un bon moment, à l’état de rêveries actives. L’esprit du travail reste la performance et donc le passage à l’acte avec, éventuellement, une réalisation artistique. Les projets sont nés, presque tous, d’un travail d’expérimentation et d’apprentissage en laboratoire, et d’études culturelles ; ce sont des mises en œuvre « alchimiques » dont la configuration, ainsi que l’ambition, dépend de chaque artiste ou équipe.

J’utilise, depuis quelques années, une expression empruntée à la psychiatrique pour décrire la procédure créative proposée : Folie à Deux. C’est une modalité de dialogue entre un artiste et moi-même comme directeur artistique, et donc comme partie prenante de la « folie » créatrice. La plupart du temps il s’agit d’un solo, parfois d’une petite équipe. En général ce sont des personnes qui ont travaillé la voix avec Linda Wise et suivi des cours de performance vocale avec elle et/ou avec moi, mais surtout, qui ont participé au laboratoire que je dirige à Paris.

Dans les articles de cette série je souhaite commenter en particulier la déontologie du « contrat moral », dont les références sont surtout psychanalytiques, et notamment les processus de transfert et de contretransfert, et plus généralement de ce qu’on nomme les rapports de suggestion ou, et je préfère : d’inspiration (où la suggestion joue aussi un rôle important). Je dis souvent que j’ai fait une grande partie de mon éducation artistique à travers des dialogues avec des psychanalystes, notamment avec et dans l’entourage de l’écrivain et psychanalyste James Hillman – décédé en 2011, ami et président honoraire de Panthéâtre. Lire la suite

Luxury Travelling – Inside the Wild Heart

A review of Inside the Wild Heart, an immersive performance
directed by Linda Wise in New York and based on the life and
work of Clarice Lispector (1920, Ukraine - 1977, Rio de
Janeiro), Brasil’s most renowned woman-writer.
It opened on October 19 and runs until November 18, 2018.
BOOKING & INFORMATION NOT TO BE MISSED

The project was conceived and produced by Andressa Furletti and Debora Ballardini – directors of Group.BR, a Brazilian theatre company based in New York. Both are militant admirers of Clarice Lispector, and chose an array of texts from her collected works. They also envisioned the performance project as “immersive”, and chose the location. And, very important, both wanted to act in the piece, among a cast of twelve or so performers. This is obviously a complex equation and, I must say from the outset, having seen it three times, a great artistic and team achievement, a total success if only on those counts, and I hope lots of people get to see it since it is likely to be a unique experience. Lire la suite

The Theatre of Sexuality

Madrid, Beauty, Darwin, Trump and #MeToo

Mentions : Sean Lewis, Richard Maxwell, Pirandello,
Linda Wise, Bibiana Monje and Brazil.

The Theatre of Sexuality is a title I have often used in the last years, covering a topic I consider fundamental: how theatre can comment on what we humans have done with sexuality and with the mechanisms of reproduction. I am currently studying Richard O. Prum’s book, The Evolution of Beauty: How Darwin’s Forgotten Theory of Mate Choice Shapes the Animal World – and Us. It relativizes, at long last, the neo-darwinian iron-hold on so-called natural selection, Darwin’s first theory of evolution. I hope soon to write a review of the book from the point of view of The Theatre of Sexuality (and LUCK). Lire la suite

Zwaan, Zombies and Post-Colonialism

Improvised Identity

Conceived, written and performed by Zwaan de Vries
August 7, 2018
Malerargues, Roy Hart Centre, Southern France

Performing artist Zwaan de Vries presented a solo piece that happened to have a parallel thematic to the recently premiered Travers by Yane Mareine. See recent review: Qui est la plus belle?  Both address colonialism. Zwaan’s is an autobiographical piece on the impact of colonialism on her, on her family and on her families’ countries. Her father was Dutch, as her name indicates (and yes, Zwaan means swan – she is sometimes called Zwaantje, “little swan”). Her mother was Indonesian. As we have come to seriously realize, European countries have very dark chapters in the history of their colonial empires. I discovered recently how dark Belgium’s past had been, but I could have possibly bypassed the Dutch involvement in Indonesia, especially during and after World War II when it was invaded by Japan, creating an often-fatal triangle: Japan, Holland, and the Indonesian independence movement. Zwaan grew up in Rotterdam in the wake of this triangle. Lire la suite

Qui es la plus belle?

Travers

Spectacle crée le 27 juillet 2018 à Malérargues, Centre Roy Hart, Gard.
Création, Interprétation : Yane Mareine
Mise en scène : Daniela García
Dramaturgie : Yane Mareine et Daniela García
Arrangements musicaux et piano : Saso Vollmaier
Percussions : Christiane Cobral
Cet article est une critique contextualisée : elle fait référence
à Yane Mareine que j’ai rencontré dans un contexte polémique:
la formation de professeurs Roy Hart. Et à Daniela García, connue
auparavant sous le nom de Daniela Molina, proche collaboratrice
que j’ai eu le plaisir de diriger dans trois spectacles écrits par elle:
L'Autri-chienne, Animitas, et La Boîte Noire. Site Web

Qui est la plus belle ? La plus belle appartient à Yane Mareine : sienne est, sans conteste pour moi, la plus belle voix que j’aie entendue à la Magnanerie, la salle de spectacles du Centre Roy Hart dans le Sud de la France. Et le lieu en impose : c’est en quelque sorte l’un des grands temples internationaux de la voix. J’y ai entendu des centaines de voix, et, qui plus est, ma compagne et collaboratrice, Linda Wise, a fait sa spécialité de l’Art de l’Interprétation : les concerts avec ses collaborateurs et élèves sont du plus haut niveau de performance vocale, « chantée ». Il va falloir, bien sûr, « s’entendre » (comme l’on dit si bien en français), sur ce que j’entends par « belle voix », et pourquoi celle de Yane Mareine, dans ce spectacle du 27 juillet 2018, était la plus belle. Cet article est un essai critique sur cette voix et sur sa mise en scène . Note : c’est la marâtre de Blanche Neige qui pose la question à son miroir magique : « … dis-moi : qui est la plus belle ? »

La Beauté a un statut ambivalent dans l’héritage de Roy Hart (décédé en 1975, il faut le rappeler). Lire la suite

Nekyia, on the road to Preston.

Footnotes and links will be added soon
Traduction Française
Traducción al Español

This article shares a series of reflections on my stand and outlook today in relationship to performance and theatre. It is offered as preparatory notes, to Amy Rome, professor at University of Central Lancashire (UCLan) and organizer of the coming Symposium titled Transdisciplinary Explorations into Performativity, as well as to Jane Turner, Principal Lecturer of Contemporary Arts at Manchester Metropolitan University, and guest lecturer at the Symposium. The Symposium follows my being awarded an Honorary Fellowship by the University of Central Lancashire.

UCLan SYMPOSIUM
July 17 to 20, 2018
The Media Factory
University of Central Lancashire. Preston UK
PRESENTATION & REGISTRATION
Pantheatre’s Myth and Theatre Festival
June 19 to July 1st, 2018
Roy Hart Centre, Southern France
PRESENTATION & REGISTRATION

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Festival: « Money is Soul »?

Traduction française bientôt

This article addresses the finances of the Myth and Theatre. The theme for 2018 is Nekyia, the descent to the pagan hell, the kingdom of the dead, whose lord is Hades, known to the Romans by his other Greek name: Πλούτων, Pluto, which makes him a millionaire. Πλούτων, Plouton, means wealth. Let us keep that as our underworldly backdrop.
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Nekyia Festival 2018

   pdf:     FRANÇAIS     ITALIANO      ESPAÑOL

Editorial

Editorial for the 2018  Myth and Theatre Festival
Since 1987  25th EDITION - SEE PRINCIPLES & THEMES

From June 19 to July 1st, 2018
at Malerargues, Roy Hart Centre, Southern France
Classes - Laboratories - Performances - Lectures
INFORMATION REGISTRATION

Nekyia is the Greek word for descent, and specifically for the descent into hell, into the pagan hell, the Kingdom of Hades, the abode of the dead. James Hillman, in The Dream and the Underworld, says the Nekyia takes place along a two-way road whose traffic is all the more intense since, according to him, dreams are assembled in hell and take the same royal road as the dead do. Each dream brings together a cast of ghosts, ancestral ones or ghostly replicas of the living, often of the dreamer himself. Permission is granted them to visit us, the so-called living, usually at night, when the gates of hell open. Lire la suite

Le Grimoire de Hamlet

Hamlet’s Grimoire  (Book of Magic Spells)
English translation in the making

A l’occasion de Hamlet Unlimited, de Yves-Noël Genod,
créé le 13 mars 2018 au Théâtre de Vanves
dans le cadre du Festival Artdanthé.
Article incluant des rèflexions sur le Hamlet de
Romeo Castellucci, et Hamlet House, de Sean Lewis
Article publié aussi sur le site Ars Magica - Magie et Sciences Humaines
« On apprend ainsi que grammaire, glamour, grimoire
 et graffiti sont des greffons de greffe. » Source

Hamlet. Nous sommes dans les brumes hivernales de la côte danoise : la Mer du Nord par une nuit de froid glacial, avec, dans l’air, des rumeurs d’un possible débarquement ennemi, venu de Norvège. Il doit être entre trois et quatre heures du matin, et il est normal que les vigies s’assoupissent sur les redoutes du château fort. J’ai noté que mon voisin succombait. Moi aussi. On était trop bien assis dans la nuit de ce grand hangar noir, plutôt délabré, et très faiblement éclairé : juste une rangée de néons glauques, un minimum sécuritaire. Une dizaine de tables de type gymnase ou de réfectoire d’école, blanches et moches pour tout décor. Et l’inévitable machine à fumée, discrète et ici, juste. Puis des fantômes commencent à apparaître, et notamment le fantôme du père de Hamlet. Il déambule, paumé, sans rien dire. Aucun effet dramatique pour ce grand, énorme drame baroque de Shakespeare[1]. Lire la suite

Plutarch and Santa Maria Presenting Maria Fernandez

Traduction en français (en cours)

Maria Fernandez is a long-time friend and collaborator of Pantheatre. She has been, for many years, my esoteric sister, and especially after I graduated and became a positive skeptic – of the “why not?” kind…  She will be guest of honor at two major events in 2018 :

The Paris Symposium & Laboratory :
Teachers, Cheaters, Gurus, Mentors.
April 27 to May 1st, 2018.

The Myth and Theatre Festival.
Theme: Nekyia : Descent to the Underworld.
At Malerargues, Roy Hart Centre, Southern France.
June 19 to July 1st, 2018.

A first presentation

No one that I know has travelled the way Maria Fernandez has, and therefore no one that I know knows more about “teachers, cheaters, gurus, mentors”. To mention the masters and mistresses Maria has befriended would sound like science fiction. To name but three: Baba Ji, the Dalai Lama, the formidable Shakmah Winddrum. Yet, three years ago she undertook possibly her most serious journey when she had a very severe brain stroke and went under for some months. I visited her with trepidation shortly after it happened; sang to her and moved her arms lightly in order to dance with her. I saw the glimmers of a smile on her face. She says that she has recovered 97%, and that she is happy to do without the overactive remaining 3%. Lire la suite

Mediumship and Real Estate — Roy Hart and Malerargues

Following the publication of the article titled Towards a Docta Memoria of Roy Hart [1], a philosopher colleague involved with the Roy Hart Centre, sent me some comments concerning especially the relationship between Roy Hart (1926 – 1975) whom he did not meet, and Roy Hart’s teacher, Alfred Wolfsohn (1896 – 1962) whose writings he is very familiar with, in the original German. I told him that an exchange like ours could already constitute a “doctoral” agenda.

This article has two parts. One that is ‘internal politics’ and a second one that is philosophical. At this juncture, especially, I cannot separate the two, and it is essential for me to state my position on Malerargues, the property, in the South of France, where the Roy Hart Centre is based, as well as on the use that is made of Roy Hart’s name[2].

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Towards a Docta Memoria of Roy Hart

Translated from the French
Voir l'original en Français

Docta Memoria / Learned Memory

No doctorate has been written on Roy Hart. This is a surprising lacuna that contains or has taken on the appearance of an aporia, that is to say a void or avoidance, possibly a moral obstacle or a form of tacit interdict linked with his violent death in a car crash, including his two closest loved ones. On several occasions, I have tried to encourage students to take on such a doctoral undertaking, which I would say is all the more interesting because of the inherent difficulty and resistance. I have suggested different approaches to persons who could engage in such cultural reflections, and I am even prepared to lend a hand. It is true that time passes and that most of the academic and cultural references belong to another era, namely to 1968 and the 1970s – but the distance can be actually an advantage for such reflections.

I am referring specifically to Roy Hart (1926 – 1975) and to his ideas.

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Pour une Mémoire Docte de Roy Hart

"Towards a Docta Memoria of Roy Hart"
See English translation

Docta Memoria

Il n’y pas de doctorat écrit sur Roy Hart. C’est une lacune qui contient ou qui a pris des allures d’aporie, peut-être même une forme de tabou traumatique suite à son décès violent dans un accident de voiture avec ses deux compagnes intimes. A plusieurs reprises j’ai encouragé des étudiants à confronter une telle tâche, qui selon moi est d’autant plus intéressante qu’il y a cette résistance voire ce non-dit inhérent. J’ai fait des suggestions de différentes approches à des personnes susceptibles d’entamer une réflexion culturelle en profondeur; j’ai même été prêt à donner un coup de main. Il est vrai aussi que le temps passe et que les références universitaires et culturelles appartiennent à une autre époque, notamment à 1968 et aux années 1970. Mais d’un autre côté la distance et la mise à distance peut être favorable à une telle refléxion.

Je me réfère ici spécifiquement à la personne de Roy Hart (1926 – 1975) et à ses idées.

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GOUROU, QUEER & DERRIDA

Voir aussi la note dans mon nouveau MINI-BLOG au sujet de la tribune de Paul B. Preciado dans le journal Libération du 15/02/2018 , intitulée Lettre d’un homme trans à l’ancien régime sexuel.

Des images seront ajoutées bientôt.
English translation in the making…

Cet article fait suite à celui intitulé Kaya, Karma, Khoros, Krishna dédié à Kaya Anderson publié en anglais [1]. J’y parlais de ma propre résistance, étudiant de Beaux-Arts à la fin des années 1960 à Londres, envers tout ce qui était indien. Après avoir lu l’article où je décris la qualité « gourou » de Kaya, elle m’a très cordialement posé une question point blank (à brûle-pourpoint) : est-ce que je me considère aussi comme un gourou, ou un enseignant de type gourou. C’est direct, pertinent et un juste retour des choses, vu que, encore aujourd’hui en Occident, ce n’est pas nécessairement un compliment. Mstislav Rostropovitch, lorsqu’on l’adoubait du titre de « maître », répondait très vite : « centimètre ». Lors de la conversation avec Kaya deux autres questions ont surgi sur le thème de l’enseignement ; d’abord celle de l’inclusion des rêves et d’éventuels retours interprétatifs dans l’enseignement vocal/théâtral. Ensuite et par corollaire : pourquoi je ne donne pas de « leçons de chant » [2] en individuel, dans un rapport de un à un ? Dessous, des réponses.  Lire la suite

Karma, Kaya, Khoros, Krishna

Images still to be included.

The title of this article may sound like an Indian mantra, but it isn’t quite: Kaya refers to Kaya Anderson to whom this article is dedicated, and Khoros is Greek: chorus. But I will owe up and this article should make clear why such references. I start with  a confession: as a student I used to be rather mean and distrustful with all things Indian . Maybe it was a reaction to the fact that at the time I lived and studied in the very hub of London’s hippie Indian craze of the mid 1960s: Chelsea School of Art was right next door to the Antique Market on the King’s Road: incense, marihuana and sitars. I particularly distrusted Indian alternative philosophical attitudes and the forms of teaching associated with them. Not that I knew that much about the Vedas, yoga or Buddhism: I was prey to a common, arrogant bug amongst Western artists and thinkers, one that was (and still is, though less) particularly prejudiced and aggressive against two fundamental Indian notions: karma and guru. Predictably enough, poetic justice turned the tables on me: I met Roy Hart and started following him. Roy Hart was certainly not Indian but he knew well how close his model of teaching was to that of a guru, and what the meaning of working on karma implied[1]. Lire la suite