Hammond & Soul (English)

Version française (en cours)

An original Hammond Organ. See footnote 1.

Hammond Organ [1] was the title of a concert on July 26, 2017, given at Lasalle, in the South of France, the neighboring village near Chateau de Malerargues. The concert was organized by the United Protestant Church of the Val de Salindrenque.

We are in Protestant country and the village of Lasalle (barely over 1000 inhabitants – in Winter!) must have over ten Protestant temples lined up along its single two-miles long street, all of different confessions. The subtitle of the concert says: From the psalms to Negro-spirituals and to XXth century Gospel, with the Hammond organ and organ player JP Delrieu. 1517 – 2017 : 500 YEARS of influences in the evolution of music in the world [2]. PRESENTATION.

Forewords

Written before the concert. Afterwords below

James Hillman once said to me: “It is important to be Protestant once a week”. He was Jewish, and I was (am?) Catholic (we are talking culture here, not religion.) If there is one title that James Hillman absolutely deserved, certainly in our times, it is that of being “The King of Soul” (yes, up there with Salomon Burke and his own Hammond). In fact in an editorial of an issue of Hillman’s Spring – A Journal of Archetype and Culture, the then acting editor, Charles Boer, at his imp-pertinent best, wrote that James Hillman should have the copyright on the word soul[3]! He was addressing, obviously, white American high culture and psychotherapeutic circles[4], because by then the word SOUL had taken over black American and world popular culture. It was African-Americans who brought back the word SOUL, causing the revolution we all know, in music, in singing – and in musical theology: notice the close call between singing and sinning! Popular soul was black.

At the very same time and in a completely different context, Roy Hart was quoting the 19th century American romantic poet Henry Longfellow: “The voice is the muscle of the soul”.

Now for some reflections on the chain of synchronicities leading to and spinning off from these seemingly disparate cultural landmarks.

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Hammond & Soul (Français)

English version (full article)

L’Orgue Hammond [1] est le titre d’un concert programmé le 26 juillet 2017 à Lasalle, le village voisin du Château de Malérargues, dans le Gard. Le concert est organisé par l’Eglise Protestante Unie du Val de Salindrenque. Nous sommes en pays protestant, camisard même. Il doit y avoir à Lasalle au moins dix temples protestants, de confessions différentes, alignés le long d’une rue unique, longue de deux kilomètres. Le sous-titre du concert dit: Des psaumes au Negro-spiritual et au Gospel du XXe siècle avec l’orgue Hammond et l’organiste JP Delrieu. 1517 – 2017 : 500 ANS d’influences dans l’évolution de la musique dans le monde[2]. INFORMATION.

James Hillman m’a dit une fois: « Il est important d’être protestant une fois par semaine ». Il était juif, et j’étais (je suis ?) catholique – je parle ici culture et non croyance. S’il y a un titre que James Hillman aurait absolument mérité, surtout à notre époque, c’est celui d’être The King of Soul (Le Roi de la Soul, âme/anima – oui, là-haut ou là-bas, avec Salomon Burke et son orgue Hammond.) En fait, dans un éditorial des années 1980, dans la revue qui lui appartenait, Spring – A Journal of Archetype and Culture, le rédacteur en chef d’alors, Charles Boer avec son im-pertinence habituelle, écrivait que James Hillman devrait avoir les droits d’auteur sur le mot soul ! Il s’adressait, bien sûr, aux cercles intellectuels et psychothérapeutiques blancs aux Etats-Unis, car, le mot SOUL dominait alors la culture populaire noire américaine, et mondiale. Ce sont les Afro-Américains qui ont ressuscité le mot SOUL, provoquant la révolution que nous connaissons tous, dans la musique, dans le chant – et dans la théologie musicale: en anglais il n’y a guère qu’une lettre qui sépare pécher de chanter (singing / sinning)! La soul, l’âme, était noire. À la même époque et dans un contexte complètement différent, Roy Hart citait le poète romantique du 19ème siècle américain, Henry Longfellow: «La voix est le muscle de l’âme».

A présent regardons de plus près les synchronismes historiques qui relient ces réflexions culturelles. (Traduction française en cours. Article complet en anglais.)

[1] L’orgue Hammond est un petit orgue électromécanique créé en 1935 aux USA, originalement conçu surtout pour les églises qui ne pouvaient pas se payer un orgue à tuyaux. Il fut adopté par les musiciens de jazz et devint le son rock et soul par excellence. A présent la marque appartient au japonais Zusuki, avec de nombreux clones numériques.

[2] Les 500 ans sont ceux depuis la publication en 1517 par Martin Luther de ses 95 thèses contre Rome qui déclenchèrent la Réforme Protestante.

Emotional Pornography and Democracy in America

Lacura, by Bibiana Monje
Democracy in America, by Romeo Castellucci

Enrique Pardo, Bilbao, April 2017

  LACURA : TRAILER | CRITICAS  
Traduccion al español pronto
Traduction française bientôt

This article follows-up on a first post on LACURA, the performance of and by Bibiana Monje presented in Madrid in November 2016 as an avant-première I described as a Miraculous Catastrophe  [1]. It was then premièred in Bibiana’s native Canaries Islands on March 17, 2017, this time ‘after the catastrophe’: the computers and multi-media effects behaved impeccably, plus, Linda Wise and I did some fine-tuning with Bibiana on some of the lessons learnt in Madrid on miracles and catastrophes. LACURA is turning into a big success, expanding beyond The Islands, as the locals call the Canaries, into La Peninsula – the Spanish mainland – and beyond. In this article I wish to focus on something that was picked up and commented by the critics, and which I consider essential to my sense and ambition of performance, something that one of the articles went as far as to put in terms of “emotional pornography”.

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Sécurité / Insécurité

Réflexions Paniques

Laboratoire de théâtre chorégraphique
La Villette, le lundi 21 novembre 2016

Au moment d’entamer le laboratoire nous remarquons que l’une des participantes est absente. Elle avait offert de garder l’entrée du bâtiment pour les possibles retardataires. Au Parc de la Villette tout est hautement sécurisé – avec badges, alarmes, patrouilles, etc. Nous vérifions mais nous ne la trouvons pas. Le travail commence ; soucieux. Arrêt au bout de cinq minutes : trop soucieux. Vérifications, coups de fil, sms, fouilles à l’extérieur. Finalement un sms répond, s’excusant : crise émotionnelle. Soulagés mais atteints nous reprenons le travail, ponctué par des silences particulièrement denses. Atmosphère chargée. Lire la suite

Hillman Sibyllin / Castellucci Anima

Suite des réflexions pour le Séminaire du 10 janvier 2016 sur l’Orestie de Romeo Castellucci.  En réponse à une note d’Anna Griève.

Sirènes & Sibylles

Festival Mythe et Théâtre 2007

C’est le mot « sibyllin » qui suscite ces réflexions, et qui semble avoir une connotation négative en français: obscur, énigmatique, et souvent, qui essaie de séduire en faisant l’intéressant. Pour ma part j’éprouve une curiosité fascinée pour les Sibylles – et particulièrement pour la Sibylle de Cumes. Nous avons dédié un Festival aux Sirènes et Sibylles en 2007, dans la série Mythes de la Voix. Être sibyllin est donc un compliment ! J’en suis, et Romeo Castellucci aussi. Et James Hillman. La Sibylle de Cumes était d’ailleurs l’une des principales voix et porte-paroles de l’anima païenne. Bienvenue donc dans le cercle sibyllin : j’attends avec impatience votre exposé sur le lien entre l’esprit de la tragédie grecque et les Upanishads ! Mais d’abord retour à Romeo Castellucci :

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L’Orestie – Romeo Castellucci Critères Critiques et d’Inspiration.

small-orestieL’Orestie par Romeo Castellucci est la reprise de l’une de ses rares créations que je n’avais pas réussi à voir. Je suis donc non seulement très content d’avoir pu la voir, mais aussi époustouflé par le tour de force. Dans les années 1990 je travaillais à Milan où plusieurs comédiens m’en avaient parlé. J’ai le souvenir qu’ils l’avaient décrit comme un spectacle « attachant », ce qui m’avait laissé perplexe. A l’époque Romeo[1] avait de grosses difficultés avec les autorités culturelles italiennes qui voulaient lui couper les subventions. Les autorités ne lui pardonnaient pas ce qu’elles considéraient comme une œuvre à scandale. C’était d’ailleurs probablement déjà l’époque de Berlusconi (parlons scandales !)

[1] Je me rends compte que j’adresse l’artiste à trois niveaux: Romeo, Castellucci et Romeo Castellucci. Je dois avouer que cela fait partie intégrante de l’esprit de mes commentaires. Donc pardonnez-moi cette gaucherie, que j’assume.

Cet article sera la base d’un Séminaire d’Etudes Culturelles le dimanche 10 janvier prochain à 11h. INFORMATION.
Vous pouvez aussi télécharger une version PDF.

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Ödipus | Castellucci | Anima

Ödipus blog rubÖdipus der Tyrann,
by Romeo Castellucci

(Paris Autumn Festival, November 2015). Great piece – but then Romeo can do no wrong – for some of us! Nevertheless, what actually remains mostly in my emotional memory are the opening 20 minutes, which is Romeo Castellucci at his cinematic(?) best: images, music, emotional cadences and transitions in perfect scenographic flow. It is the preamble to the play, telling us without words of the desperate plight of Thebes, invaded by the plague: the dreadful, seemingly unjustified divine wrath that finally obliges the reasonable and politically-correct king (the Athenian meaning of tyrant), Oedipus, to acquiesce and call in (drag in) an unwilling, ill-reputed, transsexual blind seer, Tiresias, whose oracular visions tell him clearly that the foundations of Oedipus’ reasonableness are totally corrupt. Lire la suite