Emotional Pornography and Democracy in America

Lacura, by Bibiana Monje
Democracy in America, by Romeo Castellucci

Enrique Pardo, Bilbao, April 2017

This article follows-up on a first post on LACURA, the performance of and by Bibiana Monje presented in Madrid in November 2016 as an avant-première I described as a Miraculous Catastrophe  [1]. It was then premièred in Bibiana’s native Canaries Islands on March 17, 2017, this time ‘after the catastrophe’: the computers and multi-media effects behaved impeccably, plus, Linda Wise and I did some fine-tuning with Bibiana on some of the lessons learnt in Madrid on miracles and catastrophes. LACURA is turning into a big success, expanding beyond The Islands, as the locals call the Canaries, into La Peninsula – the Spanish mainland – and beyond. In this article I wish to focus on something that was picked up and commented by the critics, and which I consider essential to my sense and ambition of performance, something that one of the articles went as far as to put in terms of “emotional pornography”.

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N’importe quoi !

Pour le meilleur et pour le pire.

DSF1Ci-dessous, deux articles écrits il y a quelques mois sous l’intitulé N’importe Quoi ! – et que je poste seulement maintenant, après avoir vu le nouveau spectacle de François Chaignaud et Cecilia Bengolea : DFS. Lorsque les lumières de la salle ont commencé à s’éteindre, j’ai murmuré à mon

DSF. Photo F Chignaud

DSF. Photo F Chignaud

voisin, l’acteur argentin Pablo Delgado : « ¡Ahora nos vamos a divertir! » (Maintenant on va bien s’amuser !) En fait, se divertir: dans divertir il y a déviation, détournement. Après une minute, comme prévu, j’ai commencé à rigoler ; les danseurs se mettaient à peine en place dans le noir. Mon autre voisine, Linda Wise, se tourne vers moi : « Tu commences vite ! » Oui. C’est rare que des spectacles me rafraichissent autant que les leurs! Dans DFS, ils le font avec une finesse délicieuse : de la danse flirt, parfois flirt-battle, exquise, comique, une sorte de naïf street-wise. (Difficile à traduire : à la mode, mais costaud et provocant, urbain – « idéologie de la rue ».) Cette fois c’était la rue jamaïquaine – mais avec des polyphonies a capella médiévales![1]

mimosa4Leur spectacle précédent, dont je parle à continuation, (M)IMOSA (un quatuor en fait), était, lui, beaucoup plus « hard » : du n’importe quoi adulte, voire SM. Dans DSF il y a un côté enfantin, même petit-rats d’opéra (hip hop en pointes !) L’innocence, voire le kitsch, n’entame en rien, au contraire, l’acuité et la lucidité des propos de François Chaignaud et Cecilia Bengolea, eux-mêmes sur scène et assez virtuoses, un peu grand frère et grande sœur, et même par moments papa et maman ! Ce qui me faisait rigoler vient aussi et incontestablement de la façon dont ils ont tout simplement contourné le désert dans lequel la danse contemporaine s’était enlisée: un rigorisme conceptuel et janséniste refusant toute sensualité, tout plaisir. Rien que de l’ironie acerbe. A terme c’est mauvais pour la santé. Lire la suite