Algorithmes & Chamanisme

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Nous savons tous – c’est à la une en ce moment – que Google est devenu numéro un mondial grâce à un mélange de puissance computationnelle et d’ingéniosité algorithmique – et, bien sûr, de dirigeants sagaces. Je me faisais l’idée que l’étymologie d’algorithme, et donc de son génie tutélaire, nous venait – mythologie oblige – de Rhéa, déesse du rythme et épouse de Kronos – dieu du temps, rien de moins[1]! Algorithme nous vient en fait du nom d’un grand mathématicien persan, Al Khwarizmi (vers l’an 820)[2]. Rizmi et rythme : belle coïncidence cependant, qui, de fil en aiguille (ou en sautant du coq à l’âne) nous mène vers le deuxième terme de ma proposition : chamanisme.

Pour le séminaire et le laboratoire du 14 février voir ETUDES CULTURELLES

 

Algorithme et chamanisme seront les deux pôles d’une série d’articles que je vais proposer lors de séminaires d’études culturelles à Paris – commençant le dimanche 14 février 2016 puis en mars, et se poursuivant à Malérargues, Centre Roy Hart, dans le Gard (de mai à fin août). Le rapport entre algorithme et chamanisme est spéculatif, bien sûr, et j’ajouterais : « performatif ».

La figure de Roy Hart, notamment, apparaîtra souvent en filigrane, en toile de fond. Une très grande pudeur a prévalu à son sujet après sa mort en 1975 – j’en conviens en ce qui me concerne et je m’en expliquerai: c’était quelqu’un d’extraordinaire – hors normes – comme on en trouve chez les gurus védiques, ou dans d’autres traditions – dont celles, juives, qui étaient les siennes. Une voix extraordinaire à tous niveaux. Je le décris comme un « génie éthique » : huge enlightenment and huge shadows (immense illumination et immenses ombres).

D’autres figures de pensée de cette toile de fond seront: James Hillman, Peter Kingsley, C.G. Jung et Marie Louise von Franz, Anna Griève, Paul B. Preciado – et d’autres dont la liste qui suit donne une idée. Elle sera mise à jour sur la page ETUDES CULTURELLES.

  • Les rapports entre la voix et les émotions – et la philosophie (et la pratique) de la conquête de soi par la voix de Roy Hart, amplifiant les idées de son professeur Alfred Wolfsohn.
  • Les propositions sur le chamanisme mongol de Peter Kingsley – notamment sur l’origine de ce que pour ma part je qualifierais de l’imagination chez homo sapiens – et donc sur l’importance de la vision et de l’activité artistique.
  • L’écoute et la sympathie musculaire (le modèle des neurones miroirs) dans la perception et dans le déchiffrement des sons de la voix, et du sens qu’elle transmet, en emphase ou en contradiction avec le langage. L’importance des dissociations et des silences de rupture (inter-ruptions) dans un théâtre chorégraphique. (L’Ecoute sera le thème d’un colloque en 2017.)
  • Les polémiques sur les causes du cancer – et les espoirs d’une conscience psychique et émotionnelle et donc d’un possible contrôle psychosomatique sur l’état de santé. Hasard, aléatoire et spontanéité panique (le dieu Pan.) Rhéa et la figure de Victoria Santa Cruz.
  • Les applications des algorithmes aux flèches d’Eros – notamment chez Tinder et dans le mythe d’Eros et Psyché, dans l’Âne d’Or, d’Apulée – thème du Festival Mythe et Théâtre (3 – 14 juillet, 2016.) Le remarquable livre de Marie-Louise von Franz sur le livre d’Apulée.
  • Le modèle mantique (algorithmique ?) dans un théâtre chorégraphique, dans la musique contemporaine, dans la notion de schizophrénie – notamment à partir des légendes de la Pythie de Delphes et de la Sybille de Cumes. Le livre, Dumbstruck – A cultural history of ventriloquism, et les articles de Steven Connors.
  • TRANS: Transhumanisme et DNA (encore Google !), et transsexualité – la philosophie queer de Paul B. Preciado, philosophe et performer espagnol.

[1]  C’est la trahison de Rhea, en complot avec son fils, Zeus, qui nous fit sortir de l’ère des « kronologies » titaniques, ankylosées d’idéologies mélancoliques et meurtrières : Kronos en mangeait ses enfants. Contrepoint de James Hillman : « Zeus ne s’est jamais laissé avaler par la dépression de son père. Sacré problème ! »

[2]  « Le mot algorithme vient du nom du grand mathématicien persan Al Khwarizmi (vers l’an 820), qui introduisit en Occident la numération décimale (rapportée d’Inde) et enseigna les règles élémentaires des calculs s’y rapportant. La notion d’algorithme est donc historiquement liée aux manipulations numériques, mais elle s’est progressivement développée pour porter sur des objets de plus en plus complexes, des textes, des images, des formules logiques, des objets physiques, etc. »  Source.

 

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